Aède
Ailen
Boréal
Brel, Jacques
Brézault Kesler
Carette Pascale
Chronique
Coeur Anonyme
Dalla Pierre
Espriu, Salvador
Hugo, Victor
Inconnue
Larose F.
Maggy
Malherbe
Mélissa
***
Victor Hugo
Victor Hugo (né à Besançon, le 26 février 1802). - Son oeuvre couvre à
elle seule presque un siècle de poésie. Immense et diverse, elle n'est
pas de celle qu'un seul mot résume, serait-ce celui de romantisme.
De la complainte à l'épopée, il est réellement le grand poète qui mourut
le 22 mai 1885, couvert de la gloire officielle et de l'affection populaire:
ce fut le seul poète moderne à connaître une telle fin, mais il avait
mérité l'une et l'autre.
À l'homme
(fragment)
C'est parce que je roule en moi ces choses sombres,
C'est parce que je vois l'aube dans les décombres,
Sur les trônes le mal, sur les autels la nuit,
Bravant tout ce qui règne, aimant tout ce qui souffre,
J'interroge l'abîme, étant moi-même gouffre ;
C'est parce que je suis parfois, mage inclément,
Sachant que la clarté trompe et le que bruit ment,
Tenté de reprocher aux cieux visionnaires
Leur crachement d'éclairs et leur toux de tonnerres ;
C'est parce que mon coeur, qui cherche son chemin,
N'accepte le divin qu'autant qu'il est humain ;
C'est à cause de tous ces songes formidables
Que je m'en vais, sinistre, aux lieux inabordables,
Au bord des mers, au haut des monts, au fond des bois.
Là, j'entends mieux crier l'âme humaine aux abois ;
Là, je suis pénétré plus avant par l'idée
Terrible, et cependant de rayons inondée,
Méditer, c'est le grand devoir mystérieux ;
Les rêves dans nos coeurs s'ouvrent comme des yeux ;
Je rêve et je médite, et c'est pourquoi j'habite,
Comme celui qui guette une lueur subite,
Le désert, et non pas les villes ; c'est pourquoi,
Sauvage serviteur du droit contre la loi,
Laissant derrière moi les molles cités pleines
De femmes et de fleurs qui mêlent leurs haleines,
Et les palais remplis de rires, de festins,
De danses, de plaisirs, de feux jamais éteints,
Je fuis, et je préfère à toute cette fête
La rive du torrent farouche, où le prophète
Vient boire dans le creux de sa main en été,
Pendant que le lion boit de l'autre côté.
«La légende des Siècles» (11 octobre 1876).
Victor Hugo
***
Boréal
La Légende sur la création de l'homme et de la femme
Aux Indes, on raconte la légende suivante:
Après avoir achevé la création de l'homme, le Créateur
découvrit qu'il avait utilisé tous les éléments concrets
et qu'il ne restait plus rien de solide, plus rien de
compact pour créer la femme.
Après avoir longtemps réfléchi, le Créateur prit
la rondeur de la lune, la souplesse de la vigne vierge, le frémissement
du gazon, la finesse du roseau, la beauté d'une fleur épanouie,
la légèreté de la feuille, la sérénité
du rayon de soleil, les pleurs des nuages, l'instabilité du vent,
la timidité du lièvre, la fierté du paon, le doux plumage
de l'oiseau, la dureté du diamant, la douceur du miel, la cruauté
du tigre, la chaleur ardente du feu, le froid de la neige, le bavardage de la pie,
le doux chant du rossignol, la fausseté d'une grue et la fidélité
d'une lionne. En faisant la synthèse de tous ces éléments,
le Créateur créa la femme et la donna à l'homme.
Au bout d'une semaine, l'homme revint et Lui dit: "Seigneur, la créature
que tu m'as donnée, me rend la vie pénible. Elle parle sans arrêt,
me tourmente d'une façon intolérable et ne me laisse aucun repos.
Elle insiste pour jouir de ma compagnie toute la journée et me fait
perdre tout mon temps. Elle se met à pleurer pour chaque peccadille
et mène une vie de parasite. Je viens te la rendre, car je ne peux
plus vivre avec elle".
"Très bien", répondit le Créateur. Et, il reprit la femme.
Une semaine plus tard, le voilà qui revient: "Seigneur, ma vie est
si vide depuis que je t'ai rendu cette créature!
Je ne fais que penser à elle...
Je la revois danser, chanter, me regarder du coin de l'oeil, bavarder
avec moi et venir se serrer contre moi. Elle était si belle à
voir, si douce au toucher. J'aimais entendre son rire joyeux. Oh! je t'en prie,
rends-la moi, Seigneur".
"Très bien", dit le Créateur.
Trois jours plus tard, l'homme revient une fois de plus: "Seigneur,
je ne peux plus comprendre. Je ne sais t'expliquer; mais le fait est
qu'après toute mon expérience avec cette créature,
j'en suis venu à la conclusion qu'elle me cause plus d'ennui que
de plaisir. Je t'en prie, reprends-la. Je ne peux vraiment pas vivre avec elle".
Le Créateur lui répondit: "Mais, tu ne peux pas vivre sans elle,
non plus", tournant le dos à l'homme, Il continua son travail.
L'homme de s'écrier, en proie au désespoir:"Que dois-je faire?
Je ne peux pas vivre avec elle, et pourtant je ne peux pas vivre sans elle".
Morale de cette histoire:
L'Amour est un sentiment qui soit s'apprendre. Il s'agit d'une tension
et d'un accomplissement.
Il est aspiration profonde et hostilité. Il implique à
la fois de la joie et de la douleur. L'un ne va pas sans l'autre.
Le bonheur n'est qu'une partie de l'amour. C'est ce qui doit s'apprendre.
La souffrance appartient aussi à l'Amour. C'est là
que réside tout le mystère de l'amour, sa beauté et son fardeau.
L'amour est un sentiment qui doit s'apprendre!
Boréal (2 avril 1998).
***
Dalla Pierre
FREEDOM
pour Marie Myrlène
UNLESS WE ARE FREE
IN OUR HEARTS, IN OUR MINDS
WE CAN NEVER HAVE PEACE AND HARMONY
UNLESS WE REMOVE
THE DIRT IN OUR EYES
ADMIT THAT WE ARE BLIND
WE WILL NEVER SEE THE LIGHT
UNLESS WE CONFESS
AND ASK FOR FORGIVENESS
THERE WILL ALWAYS BE BLOOD
ALL OVER THE LAND
UNLESS WE ARE WILLING
TO FORGET AND FORGIVE
PAIN CAUSED BY SOCIETY
WE WILL NEVER BE FREE
DALLA PIERRE
***
Jacques Brel
LA QUÊTE
Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inacessible étoile.
Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon coeur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux
Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inacessible étoile.
Jacques Brel
***
Inconnue
L'AMOUR PERDU
Où es-tu mon amour?
Je te cherche depuis toujours.
Quand dans tes bras tu me serrais
C'était comme si le monde disparaisait.
Lorsque tes lèvres sur les miennes se posaient
C'était comme un beau rêve
Qui soudain m'emportait.
Le jour est arrivé
Où j'ai dû te quitter
Si tu savais ce que j'ai pleuré.
Mais hélas! j'étais trop fière
Pour revenir en arrière.
Malgré que la vie nous a séparés
Dans mon coeur tu restes gravé
Je revois encore ton doux visage
Mais ce n'est plus qu'un mirage.
Je vis seulement pour le jour
Où je te reverrais mon amour.
Je n'oublierai jamais tes étreintes
Je ressens encore ses empreintes.
Lorsque parfois la nuit je rêve de toi
Je m'éveille et mon coeur a soudain très froid.
Tu seras pour moi à tout jamais
Le Vrai visage de l'amour.
Une inconnue qui a laissé passer un grand amour.
Août 1998
***
Aède
Poète de la misère
Je suis un enfant
Dans un corps vieillissant
Mal adapté, refusant l’autorité,
Cherchant l’avenue, la rue,
Qui éloigne de la souffrance,
Qui mène î la danse,
Libérant les coeurs malades
D’une vie souvent fade.
Ce boulevard a disparu.
Je n’en doute plus.
Ils l’ont détruit
Avec leurs folies.
Non! je ne suis qu’un vieux fou
Qui n’a pas trouvé son trou.
Je suis un poète de la misère
Qu’on n’a pas mis en terre
Aède de Boisbriand (Québec)
Mai 1998
***
JE NE SAURAI JAMAIS
Je ne saurai jamais
Ma main sur son épaule
Le tissu qui la frôle
Qui glisse lentement
Ô combien amoureusement.
Je ne saurai jamais
La douceur de sa bouche
Étendue sur ma couche
La chaleur de ses mains
Sur mon corps uni au sien.
Je ne saurai jamais
La voix qui murmure
Des paroles si pures
Des soupirs de plaisir
Quand il vient nous saisir.
Je ne saurai jamais
Le teint de sa peau
Que j’imagine si beau
Les frissons qui y courent
Au bref instant de l’amour
Non, je ne saurai jamais
Ce moment interdit
Qui toujours me fuit
Mais je vais continuer
À l’imaginer
Aède de Boisbriand (Québec)
Avril 1998
***
LA CLÉ
J’étais dans une boîte qu’on réclame
Fragile comme un coeur de femme
La boîte était fermée, il fallait la clé
Surtout ne pas la prendre et la brasser.
Comme la clé demeurait introuvable
Tous se mirent à manipuler l’affable,
La tournant sens dessus dessous
Pensant bien réussir leur coup.
Mais mon coeur qui était à l’intérieur
Tout à coup a éclaté d’avoir trop peur.
Ceux qui brassaient n’ont pas compris
Que mon coeur leur était interdit.
La clé n’était en fait qu’un peu d’amour,
Qu’il fallait me donner chacun tour à tour.
Heureusement mon coeur tout émietté
A pu, grâce à elle être guéri et recollé.
Sachez tous qu’un mot simple comme fragilité
Concerne même un homme dans une boîte caché.
Si sur une telle boîte un jour vous veniez à tomber
Surtout ne pas brasser, mais cherchez plutôt la clé...
Aède de Boisbriand (Québec)
Février 1997
***
Ailen
LE VIEILLARD
Il est venu
De son enfance jusqu'ici
Il a marché
Longtemps
De pas d'abord petits
Maladroits hésitants
Puis
D'une jambe longue
En ignorant les pierres
Il a franchi
La vie
Le vent
La pluie
La soif
Un jour
son pas tremblait d'un bruit de souvenirs
Les saisons s'empilaient sur le chemin qui monte
Et son coeur s'essoufflait
Il s'assit un moment
Quand il s'est relevé
Son regard s'est troublé
Les pourquoi
surgissaient du creux de sa pensé
Il est venu
De son enfance jusqu'ici
Nous demander réponse
Le vieillard fatigué
Son âme est nue
Comme l'enfant qui naît
Ailen(1994)
***
IMAGES D'OMBRE
Et si j'imagine?
L'ombre de ta main
sur l'ombre de mon épaule
Et si j'imagine...
Et si c'était vrai?
Et si j'imagine?
l'ombre d'un regard
posé sur l'ombre de mon âme
Et si j'imagine?
Que l'ombre de toi
protège au loin l'ombre de moi?
Et si j'imagine que c'est
Toi pour moi...
Je ne veux rien
Que de savoir que tu existes
Là... Quelque part
En moi
Pour moi
Même
Si toi...
Tu ne le sais pas
Ailen(1994)
***
S'IL VOUS PLAIT
Vous ne partirez pas
Vous serez comme l'arbre
dans mon jardin de rêve
Et je viendrai m'asseoir
regarderai les feuilles
couleur miel de vos yeux
Vous ne partirez pas
Je le sais maintenant
Mais!
Je veux plus encore!
C'est entendre le chant du vent
bercer les branches
Entendre votre voix
et!
Je veux vos semblants
vos semblants de m'aimer
Puis!
regarder vos mains
où j'abrite mon coeur
Et frémiront les ailes
et puis le chant des feuilles
par vos lèvres donné
Je verrai les nuages
qui changent les couleurs
dans vos yeux grands ouverts
qui accueillent les miens
que j'adoucis au mieux
de soie ou de velours
en supplique sans doute
Je veux!...Non!...Je voudrais!
S'il vous plaît!
Ailen(1994)
***
Je dédie ce poème à tous les poètes qui écrivent sur cette page (Alie)
Au fur et à mesure que les mots noirs
Se posaient sur la virginité de la feuille
Derrière le poète
Son ombre grandissait
Complicité de la plume assoiffée
Du coeur encrier
Qui s'allégeait de ses douleurs écrites
Qui palpitait de ses amours tracées;
Devant l'âme
Sur la table de chêne rongé
Dans l'eau du verre bleu
Aux lueurs de lampe
Se dessinaient les yeux...les fleurs.. La terre..
Et les gouttes de pluie sur la vitre d'en face
Étaient autant de larmes qu'il n'avait pas pleuré
Ailen(Annecy France)
***
Coeur Anonyme
CHANT D'ELLE
Chant d'elle
Toi qui est en train de brûler
Tu me fait penser à l'éternité
Tu dégages tellement de chaleur
Que l'on ne saurait en avoir peur
Sous tes douces coulées de cires
T'auras su m'inspirer cette satire
Sous tes douces coulées de cires
T'auras su m'appréhender de ce plaisir
Tu sembles si fragile
Qu'une simple brise pourrait t'anéantir
Qu'une simple brise ne pourrait que t'embellir
Chandelle, chandelle
N'arrête pas de virevolter
Chandelle, chandelle
N'arrête pas de m'envoûter
Dans la fluidité de tes mouvements
Tu sembles caresser le vent
Qu'est-ce que je donnerais tant
Pour pouvoir me transformer en ouragan
Parfois tu t'agites
Parfois tu t'excites
Tu demeures un vrai calmant
Ta flamme si brûlante
S'empare de mon coeur
Ta flamme si ardente
Apaise mes peurs
Chandelle, chandelle
N'arrête pas de t'exalter
Chandelle, chandelle
N'arrête pas de me réchauffer
Quand tu baisses d'intensité
Tu sembles voiloir résister
Sous cette force inexpliquée
Tu te dois de t'acharner
Un jour bien sûr
Tu ne pourras plus t'opposer
Un jour bien sûr
Tu devras te désister
C'est avec douleur que j'appréhende ce moment
Sans savoir pourquoi tu dois t'arrêter
Tu t'étends
Comme sur un canapé
Chandelle, chandelle
Au fond de mon coeur tu y resteras
Ancrée pour l'éternité.
Coeur Anonyme ,mai 1998
***
Vase tournoyant
Goutte
Saison de la pénombre
Automne
Saison mélancolique
Ces jours moins lumineux
Ces jours moins volumineux
Amène la souffrance
qui frise la décadence
Goutte d'oeil salée
Lorsque tu tombes
Sur ces joues cabossées
Une sécheresse incombe
La goutte fuit l'automne
Elle préfère geler
Et devenir flocons
Au lieu de s'évaporer
En transigeant de goutte en flaque
Sillon d'onde créer
Propageant l'anxiété
bien pire qu'une claque
Lorsque tu es de trop
Le vase déborde
Ce débordement n'est rien
Si l'on considère le remplissage
Vase Automnale à lueur de printemps
Coeur Anonymeaoût 1998
***
F.Larose
Pendant que...
J'ai soif de merveilleux, d'une présence bleue
le goût de faire l'amour à deux
te serrer dans mes bras et murmurer tout bas
des mots que tu n'oublieras pas
pendant que des étoiles s'allument dans tes yeux
que sur la grande voile j'y souffle mes aveux
pendant que tout à l'heure on se retrouvera
sur la même longueur, l'onde voyagera...
jusqu'à toi...
j'ai soif de ce qui pleut, de tes rires, de tes noeuds
de me blottir en ton milieu
courir tous les endroits où tu as fait un pas
t'ouvrir la mer peu à la fois
pendant que les aurores boréalent les cieux
et du grand livre d'or débarquent les aïeux
pendant qu'à la même heure j'aurai envie de toi
que toutes les splendeurs te couvriront de joie...
et de moi...
quand les étoiles filantes seront à mille lieux
tu sauras que l'absence est le chagrin des Dieux...
F. Larose "DCA!"(septembre 1998)
***
Chronique
AVERTISSEMENT
Avant d'ouvrir cette porte
Il vous faut savoir
Que ce qui se trouve derrière
N'est soumis à aucune loi en ce monde
Le dessus et le dessous se mélangent
Le haut et le bas se chevauchent
La droite et la gauche se confondent
Le devant et le derrière se rencontrent
Avoir d'ouvrir cette porte
Il vous faut savoir
Que ce qui se trouve derrière
N'est pas connu de ce monde
Des catacombes sombres
Des puits sans fond
Des tunnels interminables
Des grottes profondes
Où vivent par milliers
Des bêtes aux griffes acérées
Des monstres aux dents effilées
Des êtres aux yeux ensorceleurs
Des créatures aux noms de terreur
Avant d'ouvrir cette porte
Il vous faut avoir
Des qualités
Qui ne se trouvent plus en ce monde
Un coeur solide
Des pieds agiles
En plus d'un oeil vif
Et d'un esprit éveillé
Un courage sans crainte
Une âme sans ombre ni honte
Maintenant que vous savez
Vous pouvez entrer
Si telle est votre triste destinée
Chronique, 8 octobre 1998
***
Requiem
À vous tous, chers amis qui nous avez quittés
Voyez les larmes sur nos visages affligés
Vous que la mort emporta dans son sillage
Sachez que votre histoire traversera les âges.
Tous vos hauts faits de gloire seront ici inscrits
Afin que jamais votre mémoire ne tombe dans l'oubli
Que Ahresss, le grand Seigneur des morts
Vous accueille dans son royaume pour qu'alors
La paix soit enfin accordée à votre âme.
Mes dernières Salutations vous accompagnent.
Chronique
***
Salvador Espriu
Salvador Espriu (Catalogne) (1913-1985),fut un écrivain qui s'initia en tant
que narrateur dans les années 30, et qui se révéla après la guerre
espagnole comme étant un grand poète et un auteur théâtral. Son oeuvre
se convertit en une méditation sur la lutte entre frères et sur la mort,
et en une réflexion sur le destin de son pays, la Catalogne.
A LA VORA DEL MAR...
A la vora del mar. Tenia
una casa, el meu somni,
a la vora del mar.
Alta proa. Per lliures
camins d'aigua, l'esvelta
barca que jo manava.
Els ulls sabien
tot el repòs i l'ordre
d'una petita pàtria.
Com necessito
contar-te la basarda
que fa la pluja als vidres!
Avui cau nit de fosca
damunt la meva casa.
Les roques negres
m'atrauen a naufragi.
Captiu del càntic,
el meu esforç inútil,
qui pot guiar-me a l'alba?
Ran de la mar tenia
una casa, un lent somni.
Salvador Espriu (de Cementiri de Sinera, 1946)
***
AU BORD DE LA MER...(traduction)
Au bord de la mer. J'avais
une maison, mon rêve,
au bord de la mer.
Haute proue. Par de libres
chemins d'eau, la svelte
barque que je commandais.
Mes yeux savaient
tout le repos et l'ordre
d'une petite patrie.
Comme j'ai besoin
de te raconter la crainte
que la pluie inspire aux vitres!
Aujourd'hui c'est une nuit sombre
qui tombe sur ma maison.
Les rochers noirs
attirent mon naufrage.
Prisonnier du cantique,
de l'effort inutile,
qui me guidera vers l'aube?
Tout près de la mer j'avais
une maison, un rêve lent.
Salvador Espriu (d'après Cementiri de Sinera, 1946)
Traduit du catalan par
Emili
***
Brézault Kesler
à Pier de Lune
Un poème pour ma protégée
J'écrirai un poème pour Toi
Je l'enverrai comme un pollen
D'une fleur sur ton épaule se poser
Je créerai un poème pour Toi
Je le nommerai comme une fleur
Une belle comme ton prénom (de lune)
Je crierai un poème pour Toi
Et polluerai Montréal jusqu'àTroie
De ses sabots de fleurs qui ne trotteront que pour Toi
J'écrirai un poème pour Toi
Et l'enverrai comme un pollen
D'une fleur sur ton épaule se poser.
Kesler
Brézault
***
Carette Pascale
Paris de novembre
Paris la belle, Paris merveille
Que de trésors dans tes ruelles
Au coeur des quartiers d'autrefois
je suis parfois restée sans voix
Du haut de la Tour Notre Dame
ou de celle de Monsieur Effel
tu m'offres une vue sans pareille
sur les toits camouflant ton âme
Pour t'apprendre et pour t'apprécier
comme une femme qu'on veut aimer
que l'on désire apprivoiser
c'est dans ton coeur qu'il faut aller
Au coin de ce passage étroit
abrité du vent et du froid
un musicien mélancolique
me berce d'un air romantique
au pied de ton beau Sacré Coeur
il y a tes peintres voyageurs
qui te caressent de leur fusain
nous ensorcellent de leurs dessins
Tu ne t'arrêtes pas de vivre
même la nuit tu restes vive
dès que le jour enfin s'achève
tu deviens ville de lumière
Tes petites rues s'animent
de milles feux, de joies fébriles
avec tes spectacles et ton strass
et tes amants qui s'embrassent
Paris la belle, Paris merveille
protège ton antre immortel
tes petits villages et tes squares
afin que je puisse te revoir
Pascale Carrette©, SABAM, 14 novembre 1999
***
Brève rencontre
Des doigts qui courent sur un clavier
comme sur les touches d'un piano
pour une symphonie composée
de mots d'amour en adagio
Il nous fallait aller plus loin
à la croisée de nos chemins
tu es venue jusqu'à moi
qui t'attendais rempli d'émoi
cette rencontre fut brève
mais elle restera en moi
gravée en mon coeur à tout jamais
comme un feu qui ne s'éteint pas
tu es repartie au loin
emportant avec tristesse
tout l'amour, toute la tendresse
que j'éprouve pour toi
si le hasard se fait clément
nous nous reverrons un printemps
en t'attendant ma bien aimée
je te retrouve sur mon clavier
Poème composé pour Cl à sa bien-aimée
Pascale Carrette©, 28 octobre 1999
***
Funambule
un soleil s'est éteint doucement en silence
funambule de la vie qui est tombé du fil
sous des yeux enfantins remplis d'indifférence
interminables heures de patience et d'exil
il a jeté un cri avant qu'on ne l'oublie
fait une dernière fois la traversée habile
regardant tout en bas un monde trop futile
vu des regards si froids, entendu le mépris
il a pris son envol, perdu son équilibre
a retrouvé la paix au delà de nos jeux
qui ressemblent souvent à des rêves insipides
il voulait simplement nous rendre un peu heureux
Pascale Carrette©, 28 octobre 1999
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