Liste des poètes


Par Ordre alphabétique N à Z



Princesse aux pieds nus
Rey Karl-Henry
Routel, Arnaud
Roy,Jean-Yves
Soleil de Mer
Soleil Noir
Sonia T.
Vignale, Frédéric


Traductions:
Pier de Lune


                                   ***
Malherbe
triangle



Pour mon Trésor d’août


Je l'aime et quand elle n'est pas là, je m’ennuie d'elle et mon coeur a froid. Je pense toujours à elle, même que parfois je lui parle tout comme si elle y était. C'est la magie de l'esprit, très souvent on l'appelle rêverie...
Une autre bûche si tu le veux et puis, étendons-nous un peu sur le tapis pour regarder encore le feu. Les flammes sont si belles, elles se reflètent dans tes yeux.
Laisse-moi te serrer dans mes bras. Es-tu bien, est-ce que ça te plait? Je veux tenir ta main et te regarder encore un peu. J'ai besoin de parler, de me confier, car j'ai des choses à confesser.
Ecoute-moi et surtout ne me juge pas.  Je suis tellement bien avec toi, toujours, où que l'on soit. Je t'aime plus que tu ne le crois. Je t'aime comme un fou, je l'avoue. Parfois tu sais, j'ai des pensées que je n'ose pas te révéler de peur que tu te troubles ou que tu t'enfuis.
Certains jours, quand je te dis que tu es belle et séduisante, dans ma tête et dans mes veines, si tu savais... J'oublie qui je suis et pourquoi je suis là. Je voudrais te gaver de plaisir et t'entendre me dire ta joie. Te voir frémir, même s’il fait chaud, sentir trembler tes lèvres et se cambrer ton dos, alors que ma bouche avide savoure le goût de ta peau toute moite au sortir de l'eau.
Oh! Tu as froid... Qu'est-ce qu'on fait alors?
Je t'aime et je t'enveloppe d'amour.
Bonne nuit mon Trésor d’août.


Malherbe DesChamps©


              ***
Les roseaux de Cléo


Je vous perçois comme le roseau
Qui ploie sous la poussée du vent  
Tremblant à la moindre brise.
Il se sent agité, secoué, attiré et repoussé à la fois
Il n'a pas de choix que de se plier aux caprices
Et aux humeurs des éléments

Son corps fléchit, son âme se meurtrit
Et sa tête se balance allégrement,
pendant qu'intérieurement
Il se demande le pourquoi de cette danse
Dans sa tête qui balance en tous les sens
Les idées n'arrêtent pas de s'entrechoquer
Et toujours il craint de se voir brisé


Il a peur,il a mal et se questionne sans arrêt
À propos de tout et de rien, des soirs et des matins
Il s'agite et il tremble parfois de froid
Tout comme lui,vous êtes agitée
Vous vous sentez seule et abandonnée, si seule
Que vous voudriez certains jours, certains soirs


Pouvoir maudire vos racines et les voir abandonner
La terre qui pourtant, les maintient bien solidement
Et comme lui aussi vous vous questionnez intérieurement.
À son image vous vous sentez certains jours
Attirée, voulue et désirée et puis tourne le vent
Et se transforment alors vos sentiments


En votre âme surgit le spectre du rejet brutal
La hantise de l'abandon,la morsure du traître
Le baiser du judas...
Et pourtant mon coeur à moi
Souffre tout autant que le vôtre, se meurt comme le vôtre
Porte le deuil avec le vôtre, au nom de ces heures
Et de ces minutes qui furent les nôtres
Alors qu'elles étaient pleines de "Je t'aime"
Et que votre main aurait voulu dormir dans la mienne.
Quand mon corps brûlait d'envie pour vos caresses
Et que votre bouche cherchait avidement la mienne.
Je meurs d'envie du goût de votre peau


Toute fraîche sortie de la douche,
Offerte au plaisir de ma bouche
Mon plus beau souvenir de vous est encore
Cette image qui m'est restée gravée de votre sourire
Alors que votre corps nu était penché sur le mien
J'enterre mes rêves mais je ne veux pas partir
Avant d'avoir pu vous dire dans un dernier soupir


Que tout au long je vous ai aimée plus que moi-même
Et aussi que dès le début j'étais convaincu que vous et moi
Ça allait fonctionner et que jamais, on allait se quitter
J'avais pour un moment oublié le temps et le vent
Et pendant ces instants vécus avec vous
J'avais perdu de vue aussi que nous n'étions que des
Roseaux agités par le vent!


Malherbe Des Champs


              ***
Illusions


J'ai mis à bouillir le café et j'ai aussi rentré du bois pour le feu de foyer devant lequel j'ai prévu finir la soirée en ton agréable compagnie, histoire de tuer le temps et de veiller un peu, tout en s'offrant pour l'occasion une bouteille de vin conservée au cellier depuis plusieurs années. Qu'aurions nous pu faire de mieux ou de plus intéressant? Pas grand chose vraiment!


Le jour bat doucement en retraite et les bruits habituels semblent s'être mis au lit ou avoir coiffé des sourdines, alors que les grenouilles de l'étang troublent le calme presque lourd, de leurs chants stridents qui font semblant de se perdre du côté ou souffle allègrement le vent de septembre. Dans l'attisée j'ai remis une bonne grosse bûche de merisier, en attendant...


Je m'inquiète un peu, je deviens légèrement plus anxieux, mais je n'ose pas regarder l'horloge qui égrène impitoyablement les heures, pour s'en tresser des jours. Des jours que l'on ne verra plus jamais, des jours que l'on aura vécus sans même qu'on les ait vus. Mon regard triste et déçu se perd dans les flammes et je discute avec les crépitements du feu, en attendant...


Traîtreusement, les flammes lèchent le bois du sacrifice. Elles dévorent goulûment les bûches pendant que le temps fuit et que la nuit encore, tente de m'envelopper de ses bras froids et dénués de toute trace de vie. Avec beaucoup d'appréhension je consulte ma montre, que je voudrais bien ne pas voir, craignant qu'elle ne vienne mettre un terme à ce qui subsiste de mon espoir de te revoir. Mais la triste réalité est là à mes côtés, dans ce même fauteuil où je te voudrais assise. Pour moi le monde chavire, la nuit me refait son petit numéro banal et usé, triste à en faire pleurer les bouleaux. J'essaie de concentrer mon attention ou plutôt je tente de me distraire en observant le reflet des flammes qui prend un plaisir fou, à peindre sur le plafond du salon, des images et des ombres aussi floues qu'imprécises.


J'ai mal de toi et cette solitude qui est venue s'installer depuis ton départ, me rend misérable. j'ai froid plus profond que mes os, j'ai peur, terriblement peur. Je crains la nuit, tout autant que le silence qui m'accable et qui crie sa présence. J'ai peur de toi, de ce que tu diras ou penseras de moi. J'ai peur de moi, de la mort et de la vie. Comment en suis-je arrivé là et qu'est-ce que je fais ici en attendant? Mon esprit s'engourdit et je sens ma tête qui s'alourdit. J'ai de plus en plus froid. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi, la fatigue, l'âge, la santé, l'inquiétude ou bien l'ennui peut-être... Je m'aperçois que le feu a baissé. Gourmand va... Je te sers une autre bûche et je remplis mon verre encore. Ça va sûrement me remonter un peu et me changer les idées. Je m'allonge sur le tapis, juste en face du foyer et je déguste mon vin en attendant...


Et passe le temps et dansent les flammes pendant que coule le vin. Je n'entends bientôt plus le tic-tac assourdissant de l'horloge qui incessamment, avec la précision qu'on lui connaît martèle les murs de la nuit avec des " elle viendra - elle ne viendra pas, elle m'aime - elle ne m'aime pas". Elle aura sûrement dû s'endormir elle aussi ou bien le pendule s'en est décroché...


Quel est donc ce bruit à peine audible qui me parvient et résonne dans ma tête? Oh! C'est toi... Tu t'es finalement décidée à revenir. Quelle excellente idée tu as eu. Es-tu encore fâchée, est-ce que ça va mieux? Comme un voile, tu glisses lentement sur le tapis, tu t'allonges à mes côtés et tu prends ma main que tu places sur un sein. Tu es si douce, si vaporeuse et tellement gentille. Comment ai-je pu m'emporter et te parler ainsi?


Tu es fraîche et appétissante, toute menue et délicate. Ce que tu es mignonne! Pas de regrets, pas de questions, pas de longues explications ou de remises en question. C'est tout simplement trop beau pour y croire, mais je me laisse prendre au jeu, en attendant....


Caresses et baisers, puis voilà que ta robe a disparu, que ton soutien-gorge s'est envolé et que ta petite culotte n'a pas su résister bien longtemps à ma curiosité et à mon entêtement. Tu es couchée sur le dos et tes jambes écartées se font accueillantes et m'invitent à t'apprendre par coeur devant les flammes qui dansent timidement sur les murs.


Du bout de mes doigts inquisiteurs, je t'étudie attentivement . Mes yeux ravis te découvrent et mes lèvres apprennent à te connaître. Mes mains caressent tendrement tes seins et je couvre ton corps de profonds et chauds baisers. Ma bouche est partout à la fois et je me délecte de la saveur de ton corps. Je le goûte entièrement, je te voulais depuis si longtemps.


Ma langue effleure la pointe de tes seins qui se dressent effrontément comme pour protester ou pour défier le ciel. Comme ils sont jolis tes seins et si délicieusement agréables à butiner. Ils se laissent docilement plaire à mes mains. Tu poses ta tête sur ma poitrine et de tes lèvres, aussi douces que prenantes tu effleures ma peau... Comme c'est bon! Comment dire non à la vie qui s'offre à prendre et qui prend ce que j'ai à lui offrir? Nos baisers se font de plus en plus tendres, les caresses se multiplient et les doigts deviennent plus insistants.


Deux corps qui se font cadeaux et qui sont ballottés par une même vague de passion. Leurs rythmes s'accordent, leurs salives se mêlent et leurs idées se fondent. Les respirations deviennent plus courtes et plus rapides aussi. Les mains se cherchent avidement et sans compter, on est pris, on prend, on donne, on reçoit. Deux corps qui s'aiment l'un et l'autre. Le temps d'un soupir, d'un spasme, on se regarde et on s'aime, on se désire. On s'aime, on se fait plaisir, on se laisse partir pour revenir...


Tout à coup, mon sang se glace et je grelotte, j'ai encore froid. Comme tantôt avant que tu n'arrives, comme à tous les autres jours depuis que tu es partie. Qu'est-ce qui a bien pu se passer, qu'est-ce qui nous est arrivé? C'est le moment ou je m'éveille en sursaut et me rends compte que le feu a baissé dans la cheminée. Il est quatre heures du matin... Je crois qu'elle ne viendra pas , encore cette fois et je décide alors d'aller me coucher, seul dans mon grand lit glacé en attendant...


Le bruit de ses pas.


Malherbe Des Champs


              ***
L'orgasme


Avec amour et curiosité bien placée, j'ai palpé des cellules esseulées, ardentes du désir d'être touchées. Je les ai tendrement aimées, oui, je les ai choyées. Tout juste du bout des doigts, au début, pour ne pas leur causer d'effroi en plus. J'ai fermé les yeux pour un très long moment alors que je les ai tout simplement laissé prétendre...


Elles et moi, nous avons ardemment souhaité, je me suis même laissé prendre au jeu et ce sont vos yeux que je revoyais en ces instants. Ma chair irradiait un plaisir muet qu'elle ne parvenait aucunement à traduire, si ce n'est que d'une façon pulsive qui devenait émotive et elle ressentait à peu de choses près, cet orgasme qu'en elle-même elle espérait en secret.


L'étreinte s'intensifiait alors que la prise devenait plus affectueuse au niveau de muscles au repos et quelque peu gênés de s'être sentis solliciter d'une façon qui semblait décidée d'obtenir, à tout le moins, la complicité et l'attention d'un ensemble un peu choqué mais plein du goût d'être secrètement désiré de vous.


"Malherbe Des Champs"


              ***
à Pdl de Malherbe (décembre 98)


Le goût de l'amour (Malherbe)


Une bourrasque, une brise, un ouragan
Imprévisible comme le temps
qui dort au fond de mes poches
Je m'emballe, je me retire, je récidive
dépendant de mes heures et de mon élan


J'arrache le toit des demeures
et je transporte même ce qu'il y a dedans
ou je sème la joie dans les coeurs
Je suis Malherbe DesChamps
Dans ma tête, des chants d'oiseaux,
des airs de guitare, des cours d'eau


Je suis vraiment comme le vent
Je surgis de l'horizon, j'avive les passions
Je confonds les muses qui parfois s'en amusent
J'entoure les montagnes et glissent doucement sur leur flanc
Je chante et me cargue autour des grands arbres
et m'enroule autour de leurs branches
sans jamais pour autant m'y accrocher les pieds


Devant moi je pousse les nuages
qui souvent, sèment l'orage
Et j'apporte aussi parfois
du froid, de la pluie, des éclaircies
Et dans mes moments les plus heureux
pour le plaisir des yeux
je veux peindre le ciel en bleu
pour agrémenter tes jours creux


Je veux être ton ami
Chasser devant toi la poussière des chemins
Sécher les larmes de ton chagrin
Je veux répandre du baume en ton coeur
Caresser ta peau lorsque le soleil est trop chaud
Murmurer à ton oreille les mots les plus doux
Pour te redonner encore une fois le goût
de vivre l'amour et le chanter partout.


"Malherbe Des Champs"


                                   ***
Sonia T.

triangle


à Simon H.


Un peu de toi


Tout ce que tu dis, je le dirai aussi
Les mots les plus fous, les plus insensés
Tout ce que tu veux, je le voudrai aussi,
La Lune, je te décrocherai.


Donne-moi seulement un peu de toi,
Juste un instant.
Y'a comme un feu qui brûle en moi, depuis toi.


Tout ce que tu gardes, je le garderai aussi,
Le premier baiser, la toute première fois.
Tout ce que tu aimes, je l'aimerai aussi.
Laisse-moi une place entre tes bras.


Donne-moi seulement un peu de ton temps,
Juste un moment.
Y'a comme un feu qui brûle en moi, depuis toi.


Tout ce que tu donnes, je le donnerai aussi
De l'amour, autant que de la tendresse
Tout ce que tu vis, je le vivrai aussi,
Le temps d'une promesse, la douceur d'une caresse.


Donne-moi seulement un peu de toi,
Juste un instant.
Y'a comme un feu qui brûle en moi, depuis toi.


Sonia T. (Québec,mai 98)


              ***
Quand tu oublieras mon nom,
Pour prononcer celui d'une autre,
Je perdrai, à coup sûr, mes illusions.
Et, pour me consoler, je te blâmerai,
En t'accusant de toutes les fautes.


Quand tes yeux me supplieront,
De te laisser partir,
Je n'aurai d'autres choix
Que de tenter l'évasion,
Vers de nouveaux désirs,
Sans quoi, je perdrai la raison.


Quand tu me feras savoir,
Par ton indifférence,
Qu'on a pris ma place dans ton regard,
Que je n'ai plus beaucoup d'importance,
À ton égard, je m'en irai alors,
Pour éviter ma mise à mort.


Sonia T.(Québec, mai 98)



              ***
à mon père Daniel


La Légende du p'tit poisson des chenaux
J'me suis rendu au lac mon Joe
Le vent soufflait ben haut
J'ai perdu mon chapeau
J'ai pogné un p'tit poisson des chenaux
J'l'ai garoché dans mon bateau.
J'm'en suis retourné su'l bord de l'eau.
Pis là, tu m' croiras pas, mon p'tit Joe,
Mon p'tit poisson des chenaux
Y avait un oeil dans l'dos
Une langue de veau
Des yeux d'crapaud
J'ai faite un maudit saut!


Ben, cré-moé, cré-moé pas, mon Joe,
Mon p'tit poisson des chenaux
Quand j'ai voulu l'manger tout cru
Y a faite un saut d'cinq pieds et s'est écrié tout haut:
"J'suis pas bon, j'suis pollué
À cause des déchets déversés
Si tu m'manges, tu vas t'gratter
y'a des p'tits boutons qui vont t'pousser.
Ça va t'piquer pis tu vas l'regretter".


Faque là, tu peux m'croire, mon Joe,
Mon p'tit poisson des chenaux,
Je l'ai mis dans un casseau
Avec un p'tit peu d'eau.
Là, j'm' suis retourné chez nous,
J'y ai fait' une place dans un pot
Jusqu'à côté de la cage à oiseau.
Mais j'savais pas que mon p'tit oiseau
Y pouvait pogner des p'tits poissons dans l'eau.


Ben là, tu peux ben rire, mon Joe ;
me v'là rendu avec un oiseau des chenaux.


Sonia T.(Québec,mai 98)


                                   ***
Jean-Yves Roy

triangle


PASSERELLE

à S.L.

Je cherche mon poème
Mais ne le trouve pas
Ailleurs qu'en un JE T'AIME
Lancé entre nos bras;
Nos bras qui, si souvent
Font une passerelle
Entre les arbres, dans le vent,
Entre la fleur et l'hirondelle.


Jean-Yves Roy,St-Nicolas,Qc©(novembre 1999)


              ***
à C.B.


LES MAINS


Saurai-je les secrets que renferments tes mains?
Femme, les presserai-je entre mes doigts fragiles
Tes mains douces qui font danser leurs doigts agiles
Sur le piano, la nuit, en des airs incertains?


Saurai-je les cueillir comme fleurs au matin
Dans la corbeille d'or de mes deux mains d'artiste
Tes mains, femme si belle et qui semble si triste
D'être seule à garder les secrets de tes mains?


Passerai-je toujours sur les vastes chemins
Sans répondre aux appels des amours incertaines
Ou bien saurai-je, un jour, rendre tes mains certaines
Au nid de fleurs d'amour que t'offriront mes mains?


Jean-Yves Roy©, St-Nicolas, Qc.


              ***
Toujours à toi ...


Avant que l'aube ne s'effeuille
Entre la menthe et le persil;
Avant que le vent
Des hautes marées
Ne monte;
Avant qu'une étoile
N'indique nouvelle heure
Au cadran démonté:
Tu me lances au visage
La lumière du jour.


Tu me laisses la nuit
Comme un fruit à mûrir.

Jean-Yves Roy,St-Nicolas,Qc, 9 septembre 1998


              ***
À Chéribelle.


Que n'es-tu pas, sous le grand saule,
Une amoureuse qui m'apprend
Que le bonheur est une épaule
Dont lentement le coeur s'éprend.


Toi qui voudrais que la tendresse
Échappe aux feux de la raison,
Garde en mémoire mon adresse,
Viens faire un tour dans ma maison.


Je n'aurai rien, un rien de laine,
Un toutou bleu sur le divan.
Je t'offrirai comme une aubaine
Un nom qui fleurira le vent.


Jean-Yves Roy,St-Nicolas,Qc


              ***
(pour Rita)


ABANDON


Il fallait que tu m'aimes
Pour reprendre à rebours
La marée d'un poème,
Le circuit des amours.


Si j'ai brisé ton rêve
À l'orée d'un buisson
Je garde à fleur de lèvres
L'écho de ta chanson.


Au meilleur de moi-même,
Au soleil d'un frisson
Je te dis que JE T'AIME
D'amour et d'abandon.

Jean-Yves Roy,St-Nicolas,Qc, septembre 1998


              ***
Épitaphe pour Chéribelle


Triste automne. Tout tombe.
Les fleurs n'ont plus d'attrait.
Le vent court sur les tombes
Et les balaie d'un trait.


C'est comme si sur l'âme
Le vent passait d'un jet
Pour effacer la flamme
Et briser le projet.


Le projet qui consiste
À donner en secret
La pierre d'améthyste
À celle que j'aimais.


Jean-Yves Roy,St-Nicolas,Qc©, Octobre 1998


              ***
Pour celle qui vit sur
L'avers.


J'écris pour tes grands yeux
Sur le noir des fenêtres;


J'écris pour que tes mains
Soulèvent des désirs;


J'écris dans le milieu
D'une aube qui veut naître;


J'écris pour le plaisir
De savoir que demain
Je saurai reconnaître
L'avers de mon destin.


Jean-Yves Roy,St-Nicolas,Qc, Octobre 1998


              ***
Pour Rita D.


Je ne sais plus danser
Parmi les feuilles mortes;
Je regarde valser
Le ciel, en quelque sorte,
Et les nuages verts
Arrondissent mes jours.


Je vis, à coeur ouvert,
Une histoire d'amour.

Jean-Yves Roy,St-Nicolas,Qc, Octobre 1998


              ***
LAMPE D'ALADIN


Lampe d'Aladin, lampe d'Aladine,
Lampe à mi-chat, mi-chien, mi-loup,
Lampe à Gérarda, lampeàGérardine,
Lampe à ficher au bout d'un clou.


Lampe à matou, lampeàmitaine,
Lampe à mi-tons décolorés.
Lampe à maigrir, lampeàmigraine,
Lampe à savoir tout décorer.


Lampe à mi-mots, lampeàmystère,
Lampe à miner les mots secrets.
Lampe à laver de bleu la terre,
Lampe à désir quand le soir naìt.


Lampe à tout prendreàfleur de rêve,
Lampe à nous rendre heureux partout.
Lampe à tenir sur une grève,
Lampe à serrer sur nos genoux.


Lampe à tout faire età tout dire,
Lampe à tout voir et tout chercher.
Lampe à changer le vent qui vire,
Lampe à douceur pour mieux s'aimer.


Jean-Yves. Ce gris-doux-doux 13 décembre.


              ***
Ouvre ta porte. Un Ange
s'amène à pas tremblants.
Il tient une mésange.
Il a des souiers blancs.


Qu'annonce-t-il? Le sais-je?
Peut-être le beau temps?
Mais Oui! Car c'est la neige
Qui danse avec le vent


Sur mes souliers d'enfant...


Jean-Yves, le 13 décembre 1998


              ***
Sous l'aile d'un oiseau, ce matin, j'ai placé
Un feuillet d'air rempli de proverbes étranges.
L'oiseau semblait heureux comme on l'est le dimanche
Quand le bonheur est rond, quand on en a assez
De sentir les odeurs qui masquent la semaine.


Et l'oiseau est parti en emportant mes mots.
Il a franchi sans peur une haie de corbeaux
Sachant que mon feuillet soulagerait ta peine.


Je sais qu'il est allé au nord de la montagne
Dans ce pays brumeux où s'activent tes pas.
C'est vers toi qu'il s'en va car tu es une Espagne
Remplie de beaux châteaux que les gens ne voient pas...


              ***
Et le Verbe se fait ... cher


Toujours parler.
Donner au verbe sa raison.
Chercher au plus doux de la terre
Des mots en floraison.


Toujours parler. Ouvrir
Nos phrases singulières
Aux seules dimensions
De l'instant qui fleurit.


Parler. Suivre à la trace
Sur des compas de neige
Le tracé d'un bateau
Qui traverse le ciel.


Et parler d'une grive,
D'un chat, d'une perruche,
D'un outil sur la table,
D'une porte brisée.


Parler d'une atmosphère,
Evoquer un parfum,
Parler pour allumer
Des yeux au bord du coeur ...


Jean-Yves©.


                                   ***
Soleil Noir
triangle



L'INTEMPORELLE


Le vent en folie
La pluie en délire
Le ciel en furie
Et moi d'en rire
Et, pour me consoler,
Et, pour me consoler, je te blâmerai,


Soleil Noir


              ***
INVERSION


Losque le soleil devient Noir
Il faut changer l'Histoire


Losque l'ombre s'éclaircit
Regarder l'envers de la Vie


Faire le négatif d'une photo
Revoir le Monde d'en haut


Les couleurs s'inversent
Le Temps se renverse


Le rouge se mute en vert
Altérer l'Univers


L'orange se transforme en bleu
Au retour, tout va beaucoup mieux.


Soleil Noir


                                   ***
Maggy
triangle



à Tom


J'ai écrit ton nom
sur le sable du rivage
mais quand la marée a monté
il s'est effacé.


J'ai gravé ton visage
sur l'écorce de l'arbre
mais l'écorce est tombée
et ton visage s'est effacé.


Ton odeur, dans une fiole
j'ai voulu emprisonné.
J'ai eu le malheur de l'ouvrir
Et ton parfum qui m'était si familier
s'est dilué


Lorsque je suis gelée
j'essaie de me rappeler
la chaleur de tes caresses
mais le vent souffle
Et il me force
î tout oublier


J'ai finalement décidé
d'ouvrir la porte de mon coeur
et d'y graver î l'encre dorée
le nom de mon bien-aimé.


Si je meurs
ouvrez la porte de mon coeur
et vous y verrez ceci gravé:


TOM, JE T'ADORAIS,
T'ADORE
ET T'ADORERAI À JAMAIS


Maggy



                                   ***
Princesse aux pieds nus

triangle


à YOR


Je suis cette étrange mélopée
Qui ne rythme ni le temps, ni l'espace.Je suis cette étrange mélopée
Qui ne rythme ni le temps, ni l'espace.
J'erre au fond des mers transparentes
Parmi les algues mauves,
Les dauphins blancs.


Je ne connais pas le repos des femmes soumises.
Je glisse tristement dans l'air pluvieux
Et je flotte aux vents des amours humaines.


Tes mots m'enivrent et je t'aime toujours.
De nos liens émane l'odeur fraîche d'un automne.


J'ai valsé dans tes bras et mes mains
Souples, éphémères ont caressé ton corps
Au Ruisseau des tendresses.
Maintes fois j'ai arpenté le sentier gris
Où le renard roux et la louve solitaire
Causent ensemble.


Ne sachant reconnaître ni le nord, ni le sud
Voilà soudain que le grand héron bleu
S'élève au-dessus du Lac
Et reprend son cap.


Au fond de moi s'érige un pays de lumière
Où j'en givre mes arbres de florineiges.


Princesse aux pieds nus



                                   ***
Mélissa
triangle



RIVIÈRE


Ma peine est une rivière,
Elle coule à travers les vallées
Frappant des rochers
Sans issu.


La pluie crépite,
Son courant déchainé
Déborde et noie les fleurs.


Ma peine est une rivière
Perdue dans la forêt...


Mélissa



                                   ***
Soleil de Mer

triangle


De la fille que je suis, à la femme qu'est ma mère; son portrait hante mon bord de mer...


La mer étend vers moi ses bras.


L'ennui remonte et me caresse en se retirant, comme ta main sur mon front lorsque j'étais enfant. Ton rire cours à la surface de l'eau puis bondi en une brise rafraîchissante.
Parmi les gallets et les moules échouées, tes yeux gris fondent la trame de ma vie.


Une lame monte et j'entrevois ton sourire, tes hanches ondulantes et tes seins généreux.
Bouillonnante et vive, rien ne t'échappes, rien ne résiste à ton charme.


Dans ton sillage, mes soeurs et moi avons la lourdeur des cormorans.
Nous t'entourons, reproductions diluées, nous ne sommes que les cernes dans l'eau produits par ton éclat.


Dans l'énergie du ressac, je t'aperçois, sirène contrite dont l'anarchie dérive vers tes côtes.


D'être tellement femme est devenu trop lourd à porter.
Sur les rochers ronds où se désespèrent quelques algues, ta pauvre tête dénudée se désèche.
Le goémon dégage l'odeur du sang croûté de ta blessure.
Je panse avec tendresse cette absence d'épines.


La plainte d'un goéland à l'écho de tes gémissements, la rumeur de la houle et ton halètement, le flot se gonfle en un sommet, puis tu te brises en un fracas et tes larmes m'inondent.


Sous tes paupières enflées par la marée noire, le gris de tes prismes sombre. Laisse-moi te bercer, tu tangues.
L'horizon retient son souffle et tout est suspendu à la couleur de tes lèvres pâles.
Dans le remous du doute, l'écume dévale,
L'espoir est à l'étale.


Soleil de Mer


                                   ***
Karl-Henry Rey
triangle



LE CRIME

(kata)


Qui l’eût crû? Il a osé.
Un pétale de rose,
Petit garçon a arraché.
Quelle horreur! Ah l’infâme!
On ne touche pas à une si belle chose,
Pas même avec une femme.


Karl-Henry Rey (tiré du recueil BRISE ET FLÛTE, Édition Lagomatik)


                                   ***
Frédéric Vignale
triangle



La voix du silence
telle que l'on se l'imagine,
sereine et mordorée,
comme le tissu de ta peau,
n'habille plus que les sons du passé.
Tu l'as brisée par ton absence.


J'ai plaisir à constater mon trouble
face à ce flot de désir d'un autre temps.


J'ai pour fidèle comparse,
un être qui parle aux saisons,
Un gadget de pacotille,
de bois, et de technologie minimale
J'apprends tout de lui sans rien lui donner,
Dans un rituel immuable,
Mathématique et sans faille
comme l'est notre amitié de circonstance.


N.B: Ce refrain lancinant est celui du vent frôlant la civilisation de plastique,
mon combat est vain comme celui du mot
sorti de son contexte linguistique.


J'écrirai un livre sans "peut-être"
Avec une dominante de bleu et de noir,
Un livre étrange et pathétique,
Aux allures séculaires...
J'écrirai contre le crépuscule
Qui s'acharne, contre toutes les attentes,
Je ferai allégeance avec le clair-obscur,
Le tout sera exécuté avec parcimonie et la discrétion nécessaire,
Pour ne pas endeuiller mon affaire
De méchantes critiques...


Je rendrai prolixe mon imaginaire.
- Au cas où... -


Frédéric Vignale


              ***
Je vous écris de ma prison de lune...
où ma plume s'égare,
et me fait miroiter d'autres paysages
où la médisance n'a plus de visage


Je vous écris de mon présent
de brume, à la conjonction
de plusieurs épiphénomènes,
Le poème est, sans doute, le début
d'une réponse.


Dans le fond j'ai honte à avouer pourquoi!


Comme si par une audace bienveillante
et pleine d'acquiescement,
J'invitais la perle de pluie à partager mon modeste bol de fraises sauvages.
Et qu'elle accepte ce doux manège
Offrant à mes lèvres une bien étrange
délectation estivale.


Le poème, avec cette couleur d'éphémère
qui supplante les jours endeuillés de pages blanches,
me faire renaître à l'infini.


Aussi je préfère me fondre dans cette mare aqueuse de mots échoués,
Et me noyer dans l'oubli...


     Retenir mon souffle et ne plus respirer que les
     prémices de l'embellie du jour.


Frédéric Vignale


                                   ***
Arnaud Routel
triangle



Un Arbre


Dans un arbre ,noyé de plâtre , gît un être androgyne
Il pourlèche un cadavre dans sa noirceur débile
Sa main embaume le soleil qui a trop duré
Son regard est sa définition
Ses sens réveilleraient une génération
Son eau rassemble le sel de son esprit
Tel qu'Il est,  Il n'est plus,  et Il sera encore
Un cri d'augure sort de sa figure
Il est plus blanc que le ciment
Et pourtant on ne voit que lui sur l'arbre
Quand les oiseaux reviendront
Avec eux de nouveau sera le son
Et plus sa logique s'efforce d'inspirer
Plus Il devient le monde
Il est l'arbre et son vide
Il ne sent plus,  Il sait et demeure
Alors le cadavre n'est plus, Il se meurt
Il est la seconde,  Il hait le temps
Et les oiseaux reviennent,  par sang froid
Tout se fige et le temps n'a jamais perdu
Car Il ne reste que le monde de cet instant là
Dont on ne sait qui le précède, et qui Il précédera
L'instant est vague car il a une durée
C'est tout le temps qu'il a fallu pour l'emmagasiner


Arnaud Routel (septembre 1991)


              ***
Ange Noir


Ce ciel est si gris qu'il sème le sol,
Ce monde est si pauvre qu'il aime les fous.
. Ceux dont les regards perdus et désordonnés
Ne voient que les soirs et les pleurs.
Ceux-là même que le ciel foudroie.
Quand la folie se mélange au temps,
L'univers y reprend ses semences.
L'orage passé, la raison soupire
Le gris est la couleur de l'horizon
Et le noir celle de la vie.
Il n'y a de couleurs que dans les rêves,
Si pour autant il existe un sommeil.
C'est un enfer où il n'y a pas de démons,
Où le froid sème la douleur pinçante,
Celle qui n'en finit jamais
Et qui change à chaque instant.
C'est un tableau de désolation,
Où aucun enfant, aucun animal
Ne trouble l'écheveau usé du temps.
Il n'y a que l'homme face à son reflet.
C'est pourtant là que ces êtres échouent,
Là où le regard ne se porte plus,
Leur pensée n'étant plus qu'une mélopée
Que le silence conforte.
Tous ces yeux qui ne cillent jamais
Alimentent un désespoir tangible
Dans ce monde sans dimensions
Qui évolue sans jamais changer.
C'est ce qu'on appelle l'éternité.


Arnaud Routel (octobre 1991)


              ***
Cacophonie


Je plonge et je découvre l'insanité parfaite
Des bas---fonds des océans livides.
Puis je m'enfonce encore et jamais
Je vois enfin le fond des ténèbres
Parce que je m'y fracasse,
La douleur rallume le calme éternel
De ce lieu déserté d'envie
Maintenant hanté par ma folie.
Ma vue n'est plus bleue,
Je sens l'eau sortir de mes rêves
J'entends le grondement léger des mers
Et de tous les coraux abîmés
De toutes les pierres rivées à leurs fenêtres.
Puis mes paroles remontent
Vers la surface obstruée de vagues
Elles ne percent l'horizon
Que pour mieux replonger dans l'eau
N'ayant trouvé aucun vent
Avec qui partager leur conversation.
Je les vois revenir dupes et tristes.
Tout cela me console amèrement
Même ma solitude est une cacophonie.


Arnaud Routel (décembre 1991)



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Dernière modification de ce document : 18 novembre 2003