L'univers poétique
de
Yves Brillon




32ko

***


Rien ne m'enchante
Comme une voix d'oiseau qui
sous la feuillée chante;
Rien n'est plus doux !
... mais qu'ai-je dit?
Oh! non,
Bien plus doux encore est ton nom.

Jacques Chardonne

***


Tyrannique Calliope



oh muse
j'aime le vin, tu le dédaignes
je ne peux supporter ton calme
laisse-moi être ton amant
bouffe-moi, écrase-moi
je resterai quand même
et pour toujours à tes pieds


je t'en fais le serment


à moins que tu dédaignes mes élans
que tu m'interdises de poser
sur tes seins langoureux
ma tête engourdie par la gnôle
que tu me tournes le dos
alors que je suis de braise
que tu te refuses, boudeuse
au moment où je te veux amoureuse


tu le sais, je serai toujours ton amant


mais sois pour moi Calliope
muse de la poésie
l'ange damné qui me conduit au paradis
la démone qui me caresse
de sa lourde poitrine
qui frôle ma bouche de ses lèvres
et qui s'en amuse
approche-toi que l'on s'enlace
de peur que de toi, si tu me boudes,
je ne me lasse


je veux souder nos chairs
que nos corps nus soient confondus
je veux te faire baver de jouissance
t'entendre crier de plaisir
enjôleuse à la bouche humide, viens-là
dépose sur mon flanc ta tête ensoleillée
oui, tu le sais, Calliope
je serai toujours ton amant


je t'en fais le serment


torture-moi, fais grise mine
parce que je suis ivre
traite-moi de salaud, de soûlard
c'est toi, perfide, qui me grise
je te veux corps et âme
et je déploierai tout mon art
pour que ta peau en émoi succombe
et après t'avoir à nouveau possédée
tu t'écraseras sur mon torse
amour incandescent
et pour toujours je serai
oh poésie
ton seul, ton unique amant


je t'en fais le serment


Yves Brillon© (1997)


***


Attente fiévreuse



oh mon amour
ma mie
ma moitié
quand reviendras-tu
je me languis de toi
ta place à mes côtés dans le lit
reste froide
mon corps à faim de ta présence
je sens ton odeur
sur ton oreiller
et les draps de toi restent parfumés
mais en attendant ton retour
ton arôme me rend fou
encore deux jours
mais c'est une éternité
je me réserve pour toi
mais avec combien de difficultés
ma peau frissonne à ton seul souvenir
à celui de ta bouche
parcourant mon corps
tu me hantes comme une idée fixe
je me meurtris dans cette attente
tout prêt à te recevoir
à voir tes lèvres se poser ici
et butiner plus bas
je meurs de me retrouver entre tes bras
brûlants de tendresse
de sentir tes mains
généreuses de caresses
j'espère ce jour où de nouveau
je plongerai goulûment ma bouche
entre tes seins
pour redécouvrir leur langueur
leur indolence et leur mollesse
ce jour ou cette nuit
où je pourrai suivre des doigts
la courbe de tes hanches
celle de tes fesses
et alors on se collera
corps à corps
peau contre peau
pour que nos chairs exultent
reviens-moi vite
je m'impatiente
et ne pense qu'à toi
je t'embrasse
ton amour fiévreux


Yves Brillon©



Retour à la liste des poètes Invités
Retour au sommaire du Jardin des Muses
Retour à la liste des Artistes

Chef d'oeuvre: Visitation from A. Andrew Gonzalez © 1999
permission obtenue


Site Web de : Yves Brillon©








Dernière modification de ce document: 30 mars 2004