|
|
Je t'attends,
immonde vengeance!
Mes chemins de sable
disparaissent
Sous le couchant
de mes silences.
Ah, je ne suis rien
d'autre que
      paresse!
La mélodie des pensées
Je t'attends, immonde vengeance!
Mes chemins de sable disparaissent
Sous le couchant de mes silences.
Ah, je ne suis rien d'autre que paresse!
Et mes pas derrière moi s'effacent!
Le vent et la pluie balayent l'histoire
Retournons-nous quand le temps passe.
Des foules ont piétiné mon sable noir.
Comme le hasard quand il nous pousse
Je déambule; Qui a tracé notre route?
Des dunes, et sous des larmes de frousse,
Je marche, je passe, je saupoudre mes doutes!
Et si mon bonheur forme une longue vague,
Serai-je prêt pour l'immonde vengeance?
Je verrai que la vie était une jolie blague,
Oui, une vague un jour éclate: ma souffrance.
L'embrun traverse mon coeur et repart.
Un frisson sur le sable fin près de la mer.
Il emporte les songes et durcit le brouillard,
Parsemant la poudre de mes pensées amères
Ailleurs, sur le sable marin, c'est peut être un frère
Qui comme moi, passe sur la planète terre!
Pas loin, peut-être, quelqu'un se plait aux songes!
Au même instant, les mêmes pas qui se longent!
Alors je veux la lune pour témoin dans mon voyage;
L'unique présence au plus sublime des mariages!
Alors je veux la mer pour phare, et le ciel pour toit;
L'unique chose dans mon gouffre que je vois!
La nuit trouve toujours une étoile pour briller
Quand l'amour est là, on sait regarder!
Je marche dehors ce soir, et la mer parle au silence;
Pourquoi les hommes ne connaissent pas cette langue?
Vagues et bonheur tourneraient sans vengeance!
J'aime passer; au retour mes chemins tanguent.
La côte de sable plonge dans la nuit,
J'y suis et je frémis:
Mon vol est celui de la chauve souris
L'ombre rapide, je fuis.
La mer brille doucement;
C'est un jeu, quand on est tranquille,
De briller selon les vents.
Je préfère ces lueurs à celles de la ville!
A l'horizon, cette clarté,
C'est bien qu'à l'envers de la terre,
Le soleil continue de briller!
Il reviendra demain raviver nos airs.
La mer pousse doucement l'écume.
Ah, cette mélodie, il y en a qu'une!
Et le ciel qui se baisse et s'en parfume!
L'odeur du lointain, jusqu'à ma dune.
J'en suis sûr, ils m'appellent,
Ce soir, la nuit, le noir, la mer, le ciel!
Ils m'attendent pour l'éternité,
J'entends ce cri de la nature enivrée!
C'est dans ce silence que je suis invité!
Ah! Ce gigantesque pli de mon paysage!
C'est dans cette attirance, je crois rêver,
Que la mer m'enlève; elle m'aime sur ses plages.
Les enfants sont bons artistes
Ils laissent sur la plage des châteaux.
Si seulement j'avais été pianiste,
Je serais venu ce soir avec mon piano!
Je vois bien qu'ils ont dû s'amuser,
Leurs empreintes dégagent la joie!
Il y a même des visages sculptés,
N'écrasons pas ce qu'ils ont fait pour moi.
Pourquoi ma musique n'a pas de notes?
Elle me traverse et m'abandonne.
Mes pensées rient comme la flotte,
Seulement des songes que je fredonne.
Et si j'écrivais sur le sable ma musique?
Peut-être qu'un enfant la lirait demain!
Il appellerait ses parents et toute la clique!
Bientôt la plage entière à lire mon chagrin.
Mais la mer monte et efface mes traces,
Comme le temps balaye les souvenirs!
De toutes façons il n'y avait pas de place,
Les plages sont aux enfants et aux sourires.
Il y a un peu de houle,
Je préfère me perdre ici
Que dans la foule.
Il y a des coquillages,
Avec la lune, c'est si joli!
C'est un petit voyage.
Et si je m'allonge,
J'en suis un; je leur appartiens!
Et si le temps me ronge,
Je disparaîtrai, c'est certain.
Vivement demain,
A bientôt les songes
Nicolas de Rosanbo
|