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A vous qui êtes en train de mourir,
Sous des regards qui lèchent vos larmes;
A vous que l'on sacrifie et que l'on fait martyr;
A vous qui mourrez sans une petite arme,
Sans la moindre défense, si ce n'est la gloire de votre mérite,
A vous qui faites la une de nos rites,
De nos esprits, de notre répugnance, de notre désespoir,
De nos médias, de nos politiques, de nos actualités hétéroclites;
A vous qui nous quittez sans un "au revoir".
Vous avez plus de mérite encore que le soldat
Car votre bataille n'a jamais eu aucun poids.
Les meurtriers vous prennent dans le dos, pourquoi?
Au matin où votre bonheur ne s'y attend pas.
Bien plus que les jambes ou l'espoir dans le plâtre
C'est tous vos coeurs qui, dans le mien épuisé
Derrière ces images, continuent de battre.
Derrière votre sang répandu, le mérite d'y être passé.
Sous les débris je voudrais vous embrasser,
Je vous jette des larmes par mon écran de télé.
Pourvu qu'elles soient des fleurs à vos yeux
Et qu'elles bénissent votre sacrifice malheureux.
De votre civière vous survolez déjà le cimetière
Mais en montant au ciel, c'est un peuple de cadavre
Que vous quittez, une planète au destin de pierre,
Un univers qui s'élève en empilant des cadavres.
Vous avez pris le train au hasard de votre vie
Et voila qu'il monte doucement vers le paradis.
Vous laissez dans votre départ ces suites d'images,
Des cadavres, des décombres, nos pleurs et notre rage.
Sous les débris je voudrais venir vous pleurer,
J'envoie des larmes à vos frères par la pensée.
Aujourd'hui j'avais voulu écrire sur le sourire
Et ce matin je m'effondre car je vous vois mourir.
(Nicolas de Rosanbo, 11 mars 2004)
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A vosotros que estais muriendo,
Bajo las miradas que ungen vuestras lagrimas;
A vosotros a quienes sacrificamos y hacemos martires;
A vosotros que moris desarmados,
Sin defensa alguna, salvo la gloria de vuestro merito;
A vosotros que encabezais nuestros ritos,
Nuestras mentes, nuestra repugnancia, nuestra desesperacion,
Nuestros informativos, nuestros politicos, nuestra actualidad;
A vosotros que nos dejais sin un ultimo "adios".
Mas merito teneis que el soldado
Pues vuestra batalla no ha tenido jamas ningun peso.
Los asesinos os atacan por la espalda, por que?
En aquella manana en la que vuestra felicidad no se lo esperaba.
Mucho mas que las piernas o la esperanza enyesada
Son vuestros corazones que, en el mio,
Mas alla de las imagenes, no cesan de latir.
Mas alla de vuestra sangre derramada, el merito de haber desaparecido.
Quisiera abrazaros bajo los escombros,
Lagrimas arrojo a traves de la pantalla de mi televisor.
Ojala que no sean sino flores en vuestros ojos,
Que bendigan vuestro desdideado sacrificio.
Desde vuestra camilla sobrevolais ya el cementario.
Mas en vuestro ascenso al cielo sois pueblo de cadaver
Huyendo de un planeta con destino de piedra,
Universo que se eleva sobre pilas de cadaveres.
Cogisteis el tren al azar de vuestra vida,
Y ahora asciende lentamente hacia el paraiso.
A vuestra partida dejais un requene de imagenes,
Cadaveres, escumbros, nuestros llantos y nuestra rabia.
Quisiera ir a llorar bajo vuestros escombros.
A vuestras hermanos envio lagrimas de pensamiento.
Hoy queria haberle escrito a la sonrisa,
Pero esta manana os veo morir y me hundo.
(Nicolas de Rosanbo, 11 mars 2004)
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