Recueil de Poésie de Pierrette Guertin (Pier de Lune)
Les Ailes de l'Imaginaire




Laisse le temps effacer les mauvais souvenirs
fais place seulement à ceux que
tu aimerais caresser des yeux

***


Lamentations

Ô Muse dans quel chemin tu t'es égarée
pour arborer ce regard éteint
cette mine allongée
dans quel jeu frivole tu t'es engagée
pour que tu sois soudain
le reflet du chagrin


sur ma route j'ai rencontré
Éros jubilant de joie
d'avoir contaminé une muse
à grandes enjambées il fuyait
cruel te laisser ainsi désemparée
ingrat de tant d'amour donné


ô Muse c'est toi que j'entends
tes pleurs, tes lamentations
clamées par les poètes de tous les temps
pour me joindre à ton chant
j'ai marché dans tes pas
le suppliant d'extirper de ton coeur
son dard vénéneux


où est la splendeur de tes beaux jours
tes chants sont lancinants
plein de détresse


souffrent aussi les poètes
qui sans cesse les répètent
résonnent leurs voix pleurant
le coeur d'une muse flageolé et saignant
qui n'en finit plus de se lamenter

***


Des mots pour le dire

Toi qu'à mes pieds j'ai foulé
ingrate de m'avoir enseigné
le chemin de roses parsemées
toi, dont les lettres de feu
sans cesse me brûlent les yeux
toi que malgré moi je cherche
que sans pitié j'ai condamné


tu m'as cueillie dans les rues de mon enfance
souviens-toi, cette nuit
je t'ai cherché, on s'est trouvé
tous deux nous avons communié
à la même source, on s'est abreuvé


à ton tour tu m'as rejetée
passionnée tu me fuis
depuis mes nuits sont hantées
je cherche l'oubli dans des amours frivoles
par mille détours je veux m'évader
le vague à l'âme déchaînée


encore plus bas je suis descendue
à la recherche du paradis perdu
sans jamais le trouver
tends-moi la main tends-moi les bras
pour dans ton sein me cacher


certains mots je n'ose prononcer
espérant trouver le chemin
sans enfreindre ton calme et ta sérénité
et emprunter ce sentier
que tu as semé de roses parfumées

***


Entre l'arbre et l'écorce

je suis l'abri des amants
l'ombre de ton ombre
ton oasis de paix
le parfum que tu respires
qui te permet de vivre


je suis ton paravent ton abri
je te protège contre les grands vents
chez moi tu es roi et maître
lorsque sans vergogne, tu oublies
tous les plaisirs que je t'ai procurés
que sans ambages d'un signet
tu me voues à une mort prochaine


à ce moment tu oublies
que ma mission est ta conservation
mes racines une réserve
que je protège les animaux
que j'héberge les oiseaux


lorsque tes cruelles dents
forcent mon écorce saine
implacables déchirent mes entrailles
jusqu'au coeur me pénètrent
vaincu dans un bruit sourd je m'affaisse
écrasant tout sur mon passage
toi, tu te réjouis bravache
satisfait d'être venu à bout de ma résistance


tourne-toi alors vers mon épave
cueille une dernière fois
les larmes de sève
qui jaillissent de mon tronc

***


Évanescence

J'ai traversé des ruisseaux
des rivières des lacs et de mers
j'ai marché le long des rivages
sous la pluie sous les orages
je ne t'ai jamais trouvé
j'ai franchi des vallées
des montagnes des clairières
j'ai rencontré des lions des lynx
des oiseaux des fleurs des champs de blé
je ne t'ai jamais trouvé


tremblante de fatigue près du cours d'eau
je me suis écroulée suppliant Léthé
de venir me chercher
et s'arrêta le temps
je me rêvai muse


sur ton épaule je suis penchée
je sens ton souffle sur mon front
mes cheveux caressent ton visage
j'entends ton coeur palpiter
au rythme de mes pensées


je ceins ton front d'une couronne dorée
de pétales de roses est ta parure
à ton oreille ces mots je murmure
laisse-toi guider par ma lumière
lève tes yeux vers moi
je plongerai dans les tiens,
je serai l'éclair de ton chemin


je me ferai Muse Calliope ou Sirène

***


L'automne de mes amours

Les feuilles de teintes variées,
aux mille couleurs flamboyantes
annoncent la fin de l'été


poussées par le vent
elles tombent une à une à mes pieds
me frôlent le visage en murmurant...
c'est ton nom que j'entends


tous les arbres seront bientôt dénudés
leurs branches nues offertes
aux rigueurs de l'hiver
se couvriront d'un manteau blanc immaculé
sous leur couvert j'irai déposer
tous mes rêves éphémères
piétinés sans cesse refoulés


le printemps venu transportés par le vent
au-delà des montagnes, des rivières,
des océans, jusque dans l'univers
des milliers de roses en jailliront
dans le coeur des hommes se déposeront
en gerbes d'amour s'y épanouiront


Ce que moi je n'ai su faire éclore
dans le coeur de mon bien-aimé

***


Le porteur de rêves

Il est tombé à mes pieds
délicatement je l'ai ramassé
contre ma poitrine je l'ai posé
je sentais son coeur palpiter
je voulais le réchauffer
le garder le réconforter
j' eus beau panser ses blessures
recoller ses ailes
ses plaies ne cicatrisaient jamais
chaque jour venait s'ajouter une blessure nouvelle
chaque jour je le voyais doucement s'éteindre
ses yeux tristes me regardaient
ils me demandaient pardon
avec lui partaient mes rêves


puis un jour sa tête vacilla
pour toujours il est parti
je retirai de ses plumes
entaché de sang
ce dernier message
"Adieu ! je pars
je vous ai tout donné
je vous aime"


il m'a quitté emportant avec lui
mes rêves les plus secrets
c'était mon messager
mon porteur de rêves

***


Le doute

Lorsque le doute s'installe
il fait le vide autour de toi
blessé au plus profond de ton être
une souffrance amère va, vient et te ronge
tes rêves sombrent dans le vide
tes nuits sont noires et sombres


la nature même ne te réjouit
au firmament les étoiles pâlissent
est sourd à ton oreille le murmure des ruisseaux
le chant des oiseaux te semble triste
tu préfères la pluie au soleil


ton coeur aura tellement froid
que tu en frissonneras
tu sauras enfin que tu m'aimes
lorsque mon absence se prolonge

***


Laisse-moi t'aimer

Si parfois dans les ténèbres
tu as l'impression de sombrer
je te retiendrai


si tes membres et ton coeur ont froid
je te réchaufferai


tes souffrances je partagerai
pour te les alléger


tu es moi, je suis toi.
laisse-moi t'aimer

***


L'anneau d'or...

Je partirai, m'enfoncerai dans la nuit des temps
franchirai mers et mondes
cheveux dans le vent
les yeux mornes éteints
de larmes trop souvent versées en vain
silencieuse, muette sans émoi
d'avoir trop crié trop hurlé pour rien
à la recherche d'un nulle part ou d'un ailleurs
solitaire perdue dans l'immensité


je passerai à vos côtés comme une ombre
inaperçue, furtive, légère comme un souffle
à vos pieds une rose je déposerai
tout au centre vous trouverez
un vieil anneau rouillé

qui n'aura jamais été porté


si au hasard de vos rencontres
il vous arrive de trouver
celui qui me l'a donné
remettez-le lui avec ce mot
"j'aurais tant voulu
à tout jamais le porter
hélas! il était trop grand
de mon doigt il a glissé".


Je n'aurai jamais vraiment su
pourquoi!....

***


Écrire...la vie

Écrire gémir pleurer
chaque mot chaque syllabe
écrire crier hurler
tes tourments tes souffrances
jusqu'à satiété jusqu'à en crever
meurtrissures déchirures, blasphèmes


dans la pénombre
la solitude du jour qui s'éteint
couler sur papier des rêves
des amours perdues
laisser comme signature
une tache rouge vomie par la plume
libérée enfin de son âme,
de son essence, de son destin


resurgir recommencer baisser la tête
s'humilier supplier sans espoir en vain
espérer rêver que vienne celui


Celui qui, osant défier les ténèbres
franchira l'Achéron
vers l'immensité d'un ciel sans fin


Celui qui ceindra ton front
d'une couronne d'étoiles
parsemées de perles de pluie
de perles de lune de perles de rêves


Celui qui fera éclore sur tes lèvres
le sourire du bonheur
le sourire de l'Amour

***


Solitude

Seule sur cette mer immonde qui va m'engloutir
l'Amour aux ailes de feu a consumé mon âme


à l'horizon un aigle de sang souille un ciel en fureur
il fait écho aux sirènes qui m'invitent
sur des vagues dentelées d'écume
leur triste mélopée m'enveloppe
raconte leur royaume


ô Circé, l'hellébore des prés
n'a su me protéger de ton philtre empoisonné
l'Amour aux ailes de feu m'a marquée


seule sur cette mer ténébreuse qui mugit à grande voix
lançant des traits chargés de sanglots
je sombre et je chavire

***


La clé du coeur

Prince des ténèbres
je savais ton existence
depuis mille ans déjà
tu hantais mes jours et mes nuits
il n'est jamais trop tard pour aimer


tu émerges dans ma vie comme dans mes rêves
la bouche envahie de mots tendres
que tu murmures à mon oreille
dans un langage oublié par un monde en querelle


je me blottis dans tes bras
le coeur battant au rythme du tien
je retrouve le goût des caresses
et m'en gave avec ivresse


garde en toi ce doux refrain
un jour nous unirons nos destins
nous survolerons des champs de blé
naviguerons sur des mers nouvelles
à la recherche de nouveaux horizons
sur une île nous accosterons
là où le temps s'arrête


mon amour mon doux mon tendre
est venu le temps
de rendre ma promesse
je dépose entre tes mains
la clé de mon coeur
à tout jamais elle t'appartient

***


Lambeau de feuille

Mes yeux sont un jardin de larmes
mon coeur un lambeau de feuille
sur une branche oublié
isolé figé grelottant de froid
incapable de se réchauffer
le soleil à l'horizon s'est caché


souffle souffle encore le vent
encore une fois, une fois encore
répète le vent une dernière fois
"morceau par morceau je t'aurai"


déchiré le lambeau s'est envolé
dans un tourbillon de valse effrénée
il s'éparpilla tant et si bien
que seules quelques graines
déposées sur le sol gelé
sont restées d'un lambeau de feuille oublié


et l'hiver dans mon jardin s'est installé

***


La lune pleurait

Toute la nuit j'ai scruté le ciel
les yeux fixés sur cette voûte étoilée
j'ai aperçu le pâle reflet de la lune
les étoiles semblaient lui chanter une valse triste
pour la bercer pour l'endormir
je compris ses craintes ses peurs son grand chagrin
lorsqu'au loin j'entendis les hurlements d'une louve


j'aurais voulu à mon tour la bercer
la prendre dans mes bras la consoler
lui rendre cette tendresse que tant de fois elle a donnée
elle s'éloignait fuyant les crocs d'une louve enragée
et ses hurlements déchaînés


un tourbillon brumeux engloutit
les étoiles une à une
s'empara de la lune
ne restait là-haut que le vide
un trou noir béant


Lune ô chère lune
reviens comme chaque nuit
sans ton sourire les roses
ne pourront plus s'épanouir


mais le nuage continuait sa ronde
la pourchassait l'enveloppait
d'une nuée vaporeuse
puis j'entendis un long sanglot étouffé
tel le son de l'archet du violon
glissant sur une corde éraillée
dans ma main une goutte d'eau se déposa
une larme y gisait
en pierre de lune
se métamorphosait
avec comme seul reflet
le triste visage de mon amie


depuis cette nuit je sais que la lune pleure
lorsque que les loups hurlent
et lui montrent leurs crocs acérés
lui arrachant chaque fois
quelque chose qui lui appartient


Une pierre d'amour une pierre de lune

***


Le chant d'une maman

Le jour où tu es arrivé
tout ensoleillé de vie
je t'ai pris dans mes bras
puis j'ai guidé tes pas.


Nous emprunterons divers chemins
des bons des rudes des sauvages
je serai toujours à tes cotés
pour te relever lorsque tu tomberas
sur ton parcours les embûches j'écarterai


un jour il ou elle viendra
tu sauras le reconnaître
tes yeux constellés de bleu
brilleront de mille éclats
le ciel s'éclaboussera
d'étoiles à l'infini
ton coeur éclatera de joie


lorsque ce jour arrivera
suis ton chemin ne te retourne pas
le temps sera venu pour moi
de te quitter le coeur serein
je saurai que tu es entre bonnes mains
va prends la vie à pleines mains


je sais que la vie te donnera
l'amour que je t'aurai semé

***


La danse des étoiles

Regarde là-haut mon amour dans le ciel
vois ces deux brillantes étoiles
elles dansent leur valse de nuit
entends leur chant d'amour
elles chantent leur tendresse à l'univers


regarde là-haut mon amour dans le ciel
vois encore ces deux étoiles
elles se touchent s'enlacent
se joignent s'embrassent


mon amour cesse tes pleurs
sèche tes larmes
même loin je suis près de toi
regarde une dernière fois
là-haut dans le ciel
vois cette seule et unique grande étoile
projetant ses mille éclats à l'infini


c'est toi c'est moi fusionnés
pour l'éternité

***


Avec le temps...

J'ai encore les souvenances
des départs précipités
des mots noués
ceux qu'on n'ose prononcer
des yeux baissés
à la dérobée de larmes


j'ai noir dans ma tête
des amertumes
des querelles passées
des mots qui blessent
ceux qui font pleurer
à la nuit tombée
reviennent me hanter
de cauchemars renouvelés


avec le temps va tout s'en va
restent les souvenances
de nuits d'amour de tendresse
intenses moments de délire
yeux moqueurs rieurs
des heures durant
bien souvent des redites
les mots de tous les amants


puis reste le temps
seul compagnon
long cortège de jours
de nuits misérables
d'heures interminables
rêves, insomnies retiennent
la dernière souvenance

***


Les nuits du poète

Ton indifférence blesse
tes fureurs, ta cruauté hantent
de cauchemars renouvelés
les nuits du poète


tant d'amour tant de tendresse
tant de caresses il a su te donner
comme une rose dans ton coeur
il voulait s'installer, s'en emparer et régner


monde le poète ne sait plus rêver
la porte sur lui s'est refermée
son appel sans réponse est demeuré
sans partage, son coeur se révolte
la terre sous ses pieds se dérobe


solitaire il quitte cette vallée
comme étoile il s'installe
chaque nuit dans la galaxie
criant sa désespérance, son désarroi
aux planètes, aux dieux


si un jour il t'arrive de le croiser
détourne ton regard tu pourrais regretter
de l'avoir si cruellement blessé


si parfois tu le vois tomber, ramasse ses éclats
prends soin à ne pas les effeuiller
pour qu'un jour il puisse à nouveau briller
pour qu'un jour il puisse à nouveau raconter

***


L'adieu de l'Amour

Lorsque l'aimé te fuit
tu bascules petit à petit
dans les abysses de l'enfer
même l'amitié te quitte
pour faire place à l'indifférence


pour les autres le soleil luit
toi tu préfères la nuit
les coins sombres pour cacher ta peine
ne pouvant plus murmurer le mot "je t'aime"


les roses autour de toi
s'alanguissent se dessèchent
te restent des souvenirs
enfouis dans des oubliettes


ton coeur a froid puis te tourmente
lorsque l'aimé absente
et fait place au silence
même les mots te manquent
pour exprimer ta désespérance


tu sens la vie te fuir
exhales un dernier soupir


tu sais l'adieu de l'Amour

***


Mon âme

Qui es-tu pour oser projeter ton ombre
sur mes jours et mes nuits
m'investir de ta personne
embrouiller ma vue mes pensées

qui es-tu toi que j'ai sublimisé
porté aux nues idéalisé
qui es-tu pour oser t'emparer de moi
me ballotter au gré de tes caprices
m'engloutir dans la mer de tes désirs


comme une épave je dérive
dans un tourbillon de plaisirs
cherchant en vain
une bouée pour m'agripper
j'étouffe je sombre
je me délecte la gorge nouée
je crie je pleure
une absence qui se prolonge
un amour rejeté aux décombres


qui es-tu pour ainsi
me laisser périr sans mot férir
qui es-tu pour oser
te carguer autour de moi
m'engouffrer dans ton abîme
m'enchaîner à ta volonté


qui es-tu à mon regard si lointain
aux mille effluves inconnus
toi dont la voix a le charme orphéen


qui es-tu toi l'inconnu
le jamais su le jamais vu


Toi mon âme

***


J'aurais tant voulu...

J'aurais voulu être Étoile
pour toi seul
briller au firmament


j'aurais voulu être Lune
veiller sur ton sommeil
te caresser de mon regard


j'aurais voulu être Source
celle que tu bois
pour m'infiltrer dans tes veines


j'aurais voulu être Mer
parfois calme parfois fougueuse
pour jouer avec ton corps
l'emporter au-delà des rivages


j'aurais voulu être Arbre
pour t'abriter du soleil trop chaud
de mes feuilles te caresser le visage


j'aurais voulu être Oiseau
pour te faire entendre
mon doux chant


j'aurais voulu être Vent
pour jouer dans tes cheveux
te murmurer des mots tendres


j'aurais voulu être Biche
aux grands yeux languissants
quêtant une caresse en passant


j'aurais voulu être Fleur
celle que tu humes
celle que tu admires tant


j'aurais voulu être Soleil
te réchauffer
en tout temps te réconforter


j'aurais tant voulu
être tout pour toi et plus encore
comme j'aurais voulu
que tu le sois pour moi autant


mais tu ne m'as pas reconnue


depuis ce temps
la source s'est tarie
la mer se lamente
le soleil ne luit plus
la lune pleure
l'oiseau s'est tu
l'arbre dépérit
la fleur s'étiole
elle se meurt


reste là-haut
une étoile sans reflet
qui demain va s'éteindre
à tout jamais

***


Amour sans visage

Amour sans visage

Les démesures de l'amour envahissent mes jours
et mes nuits jusqu'à perte d'haleine
il se cargue autour de moi
s'empare de mon être
envahit mon existence
je vis et respire à sa cadence


comme à l'aurore tardive
des nuits hivernales
le soleil levant réchauffe de ses rayons
les racines de mon coeur

le secret de mes désirs m'étouffe
je veux les partager au monde entier
les crier les hurler
leur raconter un Prince


Amour plusieurs visages je t'ai donnés
des couronnes de roses je t'ai tressées
t'ai ouvert les bras à maintes reprises
t'ai supplié d'être d'être enfin

pourquoi te détourner
parcourir tant de chemins
sans issue et sans fin
pourquoi me faire trébucher
me blesser sur les épines

croire qu'à chaque détour
tu es là tu m'attends
mon coeur se perd en jardin de larmes


Amour je ne suis qu'une muse
je crois en toi je veux t'aimer
tu m'appelles puis soudain
ta flamme s'éteint


Amour mon coeur se dessèche
solitaire il s'est perdu
il crache les roses du poète
Amour montre-moi ton visage
avant l'automne avant l'hiver


montre-moi ton visage
avant la fin

***


L'oiseau de proie

Dans les sombres couloirs de la réalité
un oiseau de proie se pointe à l'horizon
il déploie ses ailes et projette sur l'Amour
son ombre malfaisante et haineuse


arrive sur un cheval blanc
un prince inventé croit-on
des contes Mille et une nuits
de sa baguette magique il le foudroie


se dessinent dans le ciel
deux silhouettes tendrement enlacées
chevauchant un cheval blanc
ils retournent dans l'Olympe
le Prince ramène au bercail
sa Princesse qu'on voulait lui ravir


bien des combats se sont engagés
sous cette voûte céleste
chaque fois il est un Prince
vainqueur toujours il demeure


l'oiseau de malheur souvent revient
faut fermer la porte derrière soi
se retourner s'assurer
qu'il ne s'est pas faufilé
afin que l'amour ne soit pas souillé
par les flétrissures d'un oiseau de proie

***


Impossible Rêve

Amour invisible tu passes
mes désirs s'envolent
solitude est mon refuge


qu'on me dise des mots
fussent-ils de rivière d'argent
que l'on me promette
les portes de l'univers
de me porter aux nues
sur des îles d'amour
l'Hellicon, l'Olympe
séjour immortel des dieux
sans toi je ne franchirai
ces terres enchanteresses


d'un ailleurs où que tu sois
croire encore m'importe
voir mes rêves éclore
dans les couloirs de l'espérance

***


Orage

Orage simple orage
qui a sillonné ton ciel bleu
tant de jours, tant de nuits
éclairs qui n'ont su t'enflammer
affalés au pied d'une pierre
sans la toucher


Orage transcendé par l'amour
qui gronde se déchaîne
Orage au loin qui sombre
rage au corps coeur déchiré


Orage qui crache ses pleurs
déverse ses tourments
de torrents en torrents


Orage qui va et vient épuisé
pleure des larmes de pluie
Orage qui s'éloigne
décline et meurt
vaincu par un ciel bleu
éclatant de froideur


Orage qui n'a fait que passer
tornade ou ouragan
t'aurais-je ébranlé


Hélas je ne suis plus que
"Goutte de pluie"

***


Toi... mon Soleil

Toi, dont le visage est mon chemin d'étoiles
la première fois j'ai vu dans tes yeux le soleil se lever
tu as su faire éclore la rose endormie sous la neige
ce jour-là tu me fis présent de la lune
d'une averse d'étoiles qui depuis
éclairent mes nuits, mes cieux vides


au premier baiser j'ai senti
la terre palpiter dans ma main
comme le coeur d'un oiseau captif
quand de ton corps contre le mien
tu fis naître en moi des frénésies sauvages


j'ai vu luire ton beau regard
jusqu'à ton coeur battant
de tourbillons en tourbillons
j'ai cru que notre joie remplirait la terre
jusqu'à la fin du temps


mon aimé, l'amour est un fleuve
où se noie le tendre roseau
il purge l'âme de ses laideurs
il est soif, faim, un mal sans fin
l'amour est une fleur dont tu es l'unique graine
il est aussi un rêve effrayé du réveil


celui qui ne saisit pas la chance d'aimer
ne saura ni la vie ni rien donner
son âme craindra la mort
il n'aura jamais vécu le bonheur


coeur tourmenté n'apprend jamais à valser


si la nuit te semble trop vide
ta route longue et abrupte
si tu crois un seul instant
que l' amour est absent
rappelle-toi qu'au printemps
dort sous les neiges amères
une graine qui demande à fleurir
par l'amour d'un Soleil

***


Poussières de rêves

Ô dieux d'Amour de paix et d'espérance
jusqu'ici sans votre aide
mes démarches sont vaines
m'auriez-vous seulement tendu la main
m'auriez-vous une seule fois reconnue
me serais-je perdue


une muse dans les ténèbres
forge des pensées sombres
désespérant où trouver
les poètes de l'Amour
elle porte le deuil d'amours éphémères
son coeur se cristallise


ô Léthé qu'attends-tu pour effacer
sur ces fenêtres givrées
les souvenances d'amours amères
d'amours mensongères


Dieux de l'Olympe déversez
dans le coeur des hommes votre baume
soufflez les désespérances
les rêves infidèles
faites-leur enfin connaître
le pouvoir de conjuguer le verbe aimer


donnez-leur la chance de léguer
aux enfants de la terre
les plus beaux présents de l'univers
ceux-là mêmes qui devront perdurer

PAIX AMOUR SÉRÉNITÉ

***


Ils n'entendent qu'eux

Ils ne connaissent point le chant des fleurs
ni de celle qui à l'aube
tend la main pour les caresser
et les cueille pour leur offrir
ils sont de ceux qui conjuguent à tout hasard
le verbe "Aimer"...sans réfléchir

ils ne connaissent point le poète
qui tresse des guirlandes de roses
avec des mots pour leur dire


ils n'entendent ni le chant des oiseaux
ni le murmure du vent
ni le bruit des vagues qui
viennent doucement s'éteindre sur la grève
ils n'entendent rien
ils n' entendent que leur voix
dominent leur entourage
étouffent les élans des passionnés
des rêveurs des vrais amants


ils n'entendent qu'eux

***


Novembre

Le jour se perd à l'horizon


Un bleu qui s'éteint
ténèbres envahissantes
ni lune, ni étoiles
n'osent s'y aventurer
de peur d'y mourir en novembre


le ciel se déchaîne
les cieux se rencontrent
la terre mugit à grande voix
dans un incoercible fracas


la nature se venge
les dieux répondent
leurs ailes mortelles nous frôlent
ils vomissent nos déchets
ils s'abreuvent de sang frais
pour se renouveler.

à tout prendre et rien laisser
les hommes n'ont jamais rien gagné

***


L'attente...

Blanc.. désert de blancheur
morne silence noire solitude
au loin un vieil arbre s'effondre
vaincu par le poids de la neige
craquement sinistre
odeur de mort qui rôde


un froid me pénètre
consume mon intérieur
en mon coeur écartelé
s'installe le mal d'aimer


faut-il être aveugle pour voir
faut-il devenir sourd pour entendre
dites-moi... que faut-il pour accepter
non... ne dites mot
laissez-moi me pleurer
me déverser en larmes amères
me dessécher, une dernière fois me déchirer


lambeaux d'espoirs
rêves disparus
laissez-moi vouloir me réveiller
un jour viendra je sais
à mon tour je joindrai
le long cortège des éplorées
les mal aimées, les esseulées


je ne suis qu'une étoile
dans un ciel ombragé
pâle reflet, amour oublié
je ne suis que l'ombre
d'une ombre dérisoire
vite dissipée

j'ai marché sur un fil de verre déjà fêlé


la nuit se prolonge à l'infini
dans l'attente j'écoute les étoiles chanter
en dessinant son corps
dans l'attente d'un mot, un signe
un je ne sais quoi



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Version intégrale éditée et imprimée 15 avril 2000
dépôt légal aux bibliothèques nationale du Québec et du Canada
ISBN 2-9806725-05



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Merci à Huguette Bertrand de l'aide accordée pour la réalisation de ce recueil.


Version révisée le 2 novembre 2003





Dernière modification de ce document: 10 avril 2004