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La substance de la Lune
La Lune renaît de sa propre substance. L'éternel retour à ses formes
primaires font que la Lune est par excellence l'astre des systèmes de la vie.
Pas étonnant qu'elle régit les eaux, etc.. Ses phases ont révélé à l'homme,
les temps concrets. Aux temps anciens, on comptait le temps par les nuits (la lune).
Depuis la découverte de l'agriculture, le même symbolisme relie entre eux,
les eaux, la pluie, le destin de l'homme après la mort, etc.. Ces idées
reposent sur des faits. Sa lumière exerce sur les plantes aquatiques des effets
dotn la croissance est due aux rayons lunaires. Les paysans sèment en jeune lune.
Les récoltes de blé, légumes, l'abattage des arbres doivent se faire en vieille lune.
La sève des plantes descend et monte selon la lune. Même les forestiers modernes
abattent les arbres à l'automne. En Inde, c'était un crime d'abattre un arbre
en jeune lune. Les Grecs parlaient de la lune comme une terre céleste.
La Lune est la divinité de la fertilité. La relation est frappante entre
le cycle lunaire et le cycle de la femme (moments de la lune). La relation
est toute aussi importante sur le cycle de l'enfantement.
Les scientifiques des temps modernes ont confirmé que la lune a des effets
sur le comportement humain à cause de son pourcentage d'eau. Une relation
étroite existe entre la pleine lune, le crime, la violence et le suicide.
Selon des statistiques, le taux de criminalité atteint son paroxysme durant
la pleine Lune.
Suggestions de lecture: Les pouvoirs de la lune, A. Lieber, Jérome Agel, éditions Lafond
Belle ou maudite, depuis des millénaires la Lune est chantée par les poètes.
L'équivalent chez les Romains demeura Luna. Plus tard les mythographes
associeront Sélénè à Artemis
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Prière à la Lune,
tirée d'un Papyrus Magicae Grecae, datant du IVè siècle, traduite du Grec
Viens à moi, ô chère souveraine,
Lune à trois têtes, écoute avec gentillesse
Mes invocations sacrées;
Statue de la nuit, nouvelle[lune], toi qui apportes
la lumière aux mortels
Née de l'aurore, toi qui sièges sur de fiers
Taureaux, Reine qui conduis ton char
Sur un parcours égal à celui de
Hélios, toi qui sous la triple forme des trois
Grâces danses une orgie
Avec les astres. Tu es Justice et
Le fil des Moires,
Klôthô, Lachesis et Atropos, toi qui as trois têtes,
Perséphone, Megaira et Allêktô,
toi qui as des formes multiples, qui armes tes mains
De lampes terribles et fuligineuses, toi qui
Secoues sur ton front une chevelure faite de terrifiants
Serpents, toi qui émets par tes bouches
Des meuglements de taureau, toi
Dont la matrice est remplie de dépouilles de reptiles,
Par des entrelacements de serpents venimeux,
Liés au bas de ton dos
Au moyen de liens épouvantables,
Toi qui cries la nuit, toi qui as un regard de taureau
et aimes
la solitude
Toi qui as une tête de taureau; tes yeux
Sont d'un taureau; tu as une voix digne
D'une chienne; tu dissimules des formes sous
Des pattes de lion. Ton échine
Est en forme de loup, tes chiens favoris
Sont sauvages; c'est pourquoi on t'appelle
Hekate aux multiples noms, Mênê
Toi qui fends l'air, tout comme Artémis
Toi qui lances des flèches, déesse à quatre têtes,
A quatre noms, qui fréquentes les carrefours,
Artémis, Perséphone, qui chasses les cerfs, qui parais
De nuit, à trois temps, à trois voix,
A trois têtes, Lune à trois noms,
A trois pointes, à trois visages, à trois cous
Déesse des croisements, toi qui avec tes trois
Paniers tient le feu infatigable de la flamme,
Toi qui t'occupes des triples chemins
Et qui règnes sur les trois décades; sois moi favorable,
Moi qui t'appelle et écoute-moi avec bonté,
Toi qui protèges le vaste monde
De nuit, toi que les démons redoutent
Et devant qui les immortels tremblent,
Déesse qui donne gloire aux hommes, aux multiples noms,
Toi qui as une belle descendance, toi qui as
l'apparence d'un taureau, avec tes cornes
Génitrice des dieux et des hommes, Nature
Mère de toutes choses: car c'est toi qui hantes
l'Olympe, et qui traverses le large
Et infini abîme. Tu es
Commencement et fin, toi seule règnes
Sur toutes choses; car de toi viennent toutes choses ,
Et c'est en [toi], ô éternelle, que tout s'achève.
Tu portes en diadème éternel
Sur tes tempes, les liens
Imbrisables et infrangibles
Du grand Kronos et
Tu tiens un sceptre d'or dans tes mains.
Sur ton sceptre, c'est Kronos soi-même qui a gravé
Ces lettres, et qui te l'a donné à porter,
Afin que toutes choses demeurent stables: Dompteuse;
Toi qui est domptée; toi qui domptes les hommes;
toi qui domptes par ta force.
Mais toi, tu règnes sur le chaos araracara
ra hfqisikhre [
ararachara ra êphthisikêre
].
salut, déesse, et
Ecoute bien tes dénominations.
Je t'offre cet arôme, rejeton de Zeus,
Lanceuse de flèches, céleste, toi qui parcoures les rivages,
Qui erres dans les montagnes, et dans les carrefours,
et dans
Le domaine des morts, nocturne de l'Hadès, obscure,
Calme et effrayante, toi qui trouves
Ton repas parmi les tombes, Nuit, Erèbe,
Large chaos; car il est difficile de t'échapper,
Nécessité, tu es la Moire, c'est toi
L'Erinys, torture, tu es destructrice, tu es Justice,
Tu tiens Cerbère enchaîné,
Avec des peaux de serpents, tu
Es noire, toi qui as pour boucles des serpents et
Qui as pour ceinture un serpent; Toi qui bois le sang,
Toi qui amènes la mort, et la destruction,
Toi qui manges le coeur, et qui manges la chair,
Toi qui dévores ceux qui sont morts trop tôt,
toi qui fais résonner les tombeaux,
Qui répands la folie; viens sur mes
Sacrifices, et pour moi, fais telle
Chose."
référence: Odusseus
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La lune offensée
0 Lune qu'adoraient discrètement nos pères,
Du haut des pays bleus où, radieux sérail,
Les astres vont te suivre en pimpant attirail,
Ma vieille Cynthia, lampe de nos repaires,
Vois-tu les amoureux sur leurs grabats prospères,
De leur bouche en dormant montrer le frais émail?
Le poëte buter du front sur son travail?
Ou sous les gazons secs s'accoupler les vipères?
Sous ton domino jaune, et d'un pied clandestin,
Vas-tu, comme jadis, du soir jusqu'au matin,
Baiser d'Endymion les grâces surannées?
"- Je vois ta mère, enfant de ce siècle appauvri,
Qui vers son miroir penche un lourd amas d'années,
Et plâtre artistement le sein qui t'a nourri!"
Charles Baudelaire (1821-1867)
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Diane, Sélénè, lune de beau métal,
Qui reflète vers nous, par ta face déserte,
Dans l'immortel ennui du calme sidéral,
Le regret d'un soleil dont nous pleurons la perte.
O lune, je t'en veux de ta limpidité
Injurieuse au trouble vain des pauvres âmes,
Et mon coeur, toujours las et toujours agité,
Aspire vers la paix de ta nocturne flamme.
Jean de la Ville de Mirmont (1858-1924)
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Jamais Endymion ne se réveille pour voir la forme brillante et argentée qui se penche
sur lui. Dans tous les récits qui sont consacrés, il dort à jamais, immortel
mais toujours insconscient; toujours aussi beau, il repose étendu sur le flanc de la montagne, aussi lointain et immobile que dans la mort mais
chaud et vivant; et nuit après nuit, la Lune lui rend visite et le couvre de baisers.
On dit que ce sommeil magique est son oeuvre, qu'elle l'aurait endormi afin de pouvoir
à tout moment le rejoindre et l'embrasser. Mais on dit aussi que sa passion ne lui apporte
que peine, une peine qui s'exhale en de nombreux soupirs.
***
Ô toi, bel Endymion, par la grâce des dieux
tu conserves ta beauté ta jeunesse
à la brunante Sélénè, penchée vers toi
s'étirant avec volupté
te prodigue mille caresses
qu'en est-il de cette muse
dont le corps exulte
qui chaque nuit pleure ton sommeil?
Ta passivité mérite-t-elle son étreinte?
Pier de Lune
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Rire rouge
devant la lune folle
poussière d'espace
rôdeuse vieille rôdeuse
allègrement se promène
sur la voie des songes
sous facettes multiples
s'éprend des va-nu-coeurs
épave flottante frivole
sur la noirceur d'une page
glisse entre les mots
pose son regard unique
sur le multiple
reconnaît et recrée le monde
à chaque instant
Huguette Bertrand
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