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El Desdichado
Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
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Analyse
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Je suis le ténébreux, - le veuf - l'inconsolé, |
Je suis le prince d'Aquitaine, ou prince noir,
le vainqueur de Poitiers; aussi bien, de Poitiers
je suis le septième comte, d'Aquitaine le neuvième duc;
je suis Guillaume, le premier troubadour dont
les chansons nous soient parvenues. |
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Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé
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Ma dame, étoile-fleur, vit au sommet dans un état
de léthargie comparable à la mort. Elle est morte
à moi-même, puisque je n'ai plus connaissance
des voies qui mènent jusqu'à elle, et que je suis
dans l'ignorance des rites, et techniques d'éveil.
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Dans la nuit du tombeau, toi qui m'as consolé,
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Temple, corps et cosmos, images d'une même
réalité,n'ayant plus pour luminaire qu'un
soleil noir,une étoile morte, deviennent
tombeau que la nuit envahit. Cependant, |
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Suis-je Amour ou Phébus?... Lusignan ou Biron?
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Je voudrais être
Amour
conjoint à
Psyché,
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(...)
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Ce baiser me donne la preuve d'une visite de la dame. Il a été déposé au point exact où l'Égypte fait surgir l'uraeus, trait fulgurant de l'illumination. J'aurais donc atteint l'état que nous propose l'union d'Amour et de Psyché, de Phébus et Phébé. Cette dame étant la reine, je suis le roi par elle élu. |
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Immense abîme! La réalité est venue me visiter dans mon sommeil,état naturel et inconscient, quand l'état d'éveil seul est surnaturel et surconscient. |
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dans la grotte où nage la sirène
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L'antre des nymphes, la grotte de Galatée ,la baignoire de Mélusine. N'ai-je pas été ramené aux eaux primordiales? Au lieu de monter, ne suis-je pas descendu, séduit? La sirène nage-t-elle dans les eaux de la grâce ou bien m'invite-t-elle à l'inceste? |
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Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'
Achéron:
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Oui, je suis bien retourné aux eaux-mères dont
j'avais déjà été arraché; les ayant traversées
une fois pour naître, je viens de les franchir
de nouveau, au risque de sombrer.
Au cours des âges il fut donné seulement
à quelques hommes d'accomplir
cet exploit. L'un d'eux se nommait Orphée. À cause
de sa dame perdue, il avait entrepris le voyage.
Sur ses traces je suis descendu aux Enfers;
en chemin j'ai trouvé sa lyre (mon propre corps-
cosmos)sur quoi je module le poème de là-bas rapporté, poème qui est fait des soupirs
de la sainte (en extase et béatitude
dans la lumière)et des cris de la fée
(appelant aux noces nocturnes), toutes deux
n'étant qu'une dans
Eurydice
,
dans la dame
que chantèrent les troubadours, dans celle
qui sommeille au plus haut du château endormi
que je hante.
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Retour à la biographie de Gérard de Nerval
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