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Choix de Poèmes
Liminaire
«Ceux qui l'ont connu pourront dire au besoin toute la grâce et toute l'innocence
de ce gentil esprit qui tenait si bien sa place parmi les beaux esprits contemporains.
Il avait à peine trente ans, et il s'était fait, en silence, une renommée honnête et
loyale, qui ne pouvait que grandir. C'était tout simplement, mais dans la plus
loyale acception de ce mot-là: la poésie, un poète, un rêveur, un de ces jeunes gens
sans fiel, sans ambition, sans envie, à qui pas un bourgeois ne voudrait donner
en mariage même sa fille borgne et bossue; en le voyant passer le nez au vent,
le sourire sur la lèvre, l'imagination éveillée, l'oeil à demi fermé, l'homme sage,
ce qu'on appelle des hommes sages, se dit à lui-même: "Quel bonheur que je ne sois
pas fait ainsi!" (Gérard de Nerval par Jules Janin)
Biographie
Gérard de Nerval, de son vrai nom Gérard Labrunie, naquit à Paris le 22 mai 1808.
Il passa son enfance dans le Valois, dans la propriété de son grand-oncle.
Il s'initia à la poésie rustique et populaire, puis, lors de ses études à Paris,
à la littérature Allemande.
Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval. Poète français.
Albert Béguin a écrit de lui: "Gérard de Nerval, de tous les êtres qui ont vécu,
est certainement un de ceux qui qui se sont maintenus de la façon la plus constante
dans l'état de poésie."
Il publia très jeune ses premiers écrits: des Élégies nationales et une traduction
du Faust de Goethe. Avec Pétrus Borel, il fut un des premiers adhérents du mouvement
Jeune France, aile marchante du romantisme en lutte. En 1832, il conut la prison
pour avoir manifesté ses convictions républicaines. Deux ans plus tard,
au retour d'un voyage en Italie, il fonda Le Monde dramatique destiné à soutenir
Jenny Colon, une actrice dont il était amoureux. Nerval, qui n'a encore écrit
que des articles de critique, part ensuite pour l'Allemagne, en compagnie d'Alexandre
Dumas. Ensemble, ils écriront un drame: Léo Burckart, représenté en 1839.
C'est en 1841 que la raison de Nerval se déchira pour la première fois.
Le séjour qu'il fit alors dans une maison de santé, puis la nouvelle tragique
de la mort de Jenny Colon contribuèrent à faire germer en son esprit le désir de fuite.
Il partit alors pur un long Voyage en Orient qu'il décrivit avec lyrisme et mystère.
À son retour, il reprit ses activités de journaliste et de librettiste, jusqu'en 1851.
Interné à plusieurs reprises, il écrit ses plus beaux livres: Lorely (1852),
Les Filles du feu, les sonnets des Chimères, Les Petits Châteaux de bohème,
Promenades et souvenirs et Aurélia ou le Rêve et la vie, entre deux séjours dans
la maison de santé du Dr Blanche à Passy. Sur sa demande, les amis de Nerval
obtinrent de la Société des gens de lettres, en 1854, la "remise en liberté"
du poète. Ce dernier eut alors à faire face, au sein de l'hiver parisien,
à une double détresse matérielle et mentale.
Le 26 janvier 1855, à l'aube, on le trouva pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne.
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Bibliographie
1826 Napoléon et la France guerrière, élégies nationales
1826 M. Dentscourt ou le Cuisinier d'un grand homme
1826 Les Hauts Faits des jésuites
1826 La Mort de Talma, élégies nationales nouvelles
1826 L'Académie ou les Membres introuvables, comédie satirique
1827 Élégies nationales et Satires politiques
1827 Faust - Publication de la traduction de Goethe
1828 Couronne poétique de Béranger
1830 Poésies allemandes
1830 Choix de poésies de Ronsard
1831 Le Prince des sots
1831 Les Odelettes
1837 Piquillo - À l'Opéra-Comique
1837 Caligula - En collaboration avec Alexandre Dumas
1839 L'Alchimiste - En collaboration avec Alexandre Dumas
1839 Léo Burckart
1840 Le Second Faust - Traduction
1848 Les Femmes du Caire - Tome I de Scènes de la vie orientale
1849 Les Monténégrins - À l'Opéra-Comique
1850 Les Nuits du ramadan
1850 Les Femmes du Liban - Tome II de Scènes de la vie orientale
1850 Angélique
1851 Voyage en Orient
1851 L'Imagier de Harlem - Théâtre
1852 Lorely
1852 Les Nuits d'octobre
1852 Contes et Facéties
1853 Les Petits Châteaux de Bohême
1853 Sylvie
1853 el Desdichado
1854 Les Filles du feu
1854 Myrtho
1854 La Pandora
1854 Promenades et souvenirs
1855 Aurélia - Première partie
1855 Aurélia - Seconde partie. Posthume
1855 Aurélia - Publication posthume
1855 Le Rêve et la Vie - Publication posthume
1855 La Bohême galante - Publication posthume
1856 Le Marquis de Fayolle - Publication posthume
1867 Oeuvres complètes - Publication jusqu'en 1877
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