|
|
Pierrot de la lune
Ne vient plus le soir
Semer au ciel de mon jardin
Ses bouquets d'étoiles
La pluie de toutes ses larmes
Pleure le printemps
Infidèle
Pierrot de la lune
Prête-moi ta plume...
La fille du Froid
C'est une fille des grands froids
Dans son lointain pays de neige,
D'hiver et de son blanc cortège
Où le cristal du gel est roi.
Seule en sa tour de glace elle erre, nostalgique...
Elle écoute le vent qui l'assaille, moqueur
Et répète: "Comment peux-tu vivre sans coeur?"
Son coeur? Il est resté très loin, outre Atlantique...
Sa vie est un long chemin gris
Dans les frimas des aubes tristes
Où sa fragile âme d'artiste
Se casse en mille et un débris.
Alors, elle écrit des messages
Bien au-delà des océans
Et pour émerger du néant,
Elle s'invente un long voyage.
Fini janvier: c'est le printemps, ensorcelant,
Qui parsème à l'entour les couleurs et la vie;
Elle scrute le ciel, elle espère, ravie,
Le retour tant rêvé du magique oiseau blanc
Qui l'emmènera près de cet homme qu'elle aime:
Dans le feu du soleil, c'est sûr, il l'attendra,
Elle retrouvera le cocon de ses bras
Dans un baiser au goût d'ardent bonheur extrême
Ta peau
Douce comme un matin d'avril
Quand le soleil s'ébroue au coeur de la rosée,
Un duvet de poussin, une source irisée,
Une larme-bonheur sur la courbe d'un cil,
Ton subtil tremblement quand mon baiser musarde
Dans le chaud de ton cou, tes battements de coeur
Lorsque au creux de tes reins ma caresse s'attarde,
Ta peau-douceur.
Tel un été, telle une flamme,
Chaude comme une plage aux moiteurs de midi,
Un geste qui s'égare, un frôlement hardi,
Chaude comme ta bouche où ma lèvre s'affame:
Je sais tous ses frissons, je sais tous ses chemins,
J'aime la caresser, houleuse et pantelante
Lorsque ton désir s'offre à l'appel de mes mains,
Ta peau brûlante.
Calme ainsi qu'un étang qui dort,
Limpide après l'enfer déchaîné de l'orage,
Pareille au champ quand à l'aube la brise sage
Parsème de soupirs l'horizon des blés d'or,
Lorsque le corps s'apaise et que le feu décline,
Tout contre moi, tu t'assoupis au petit jour.
Dans le lit dévasté, mon rêve la dessine,
Ta peau-amour!
Avec le bleu du ciel
Sur ta peau, mon amour, je peindrai mille fleurs
En teintes d'arc en ciel,
Chaudes de ton odeur,
Douces de ta chaleur.
Je les caresserai, je les embrasserai
Toute la nuit, toutes mes nuits
Et je marierai leurs couleurs
Avec le bleu du ciel.
Sur ta vie, mon amour, je peindrai des sourires
En frissons de printemps,
Des sourires de brise aux larmes de rosée
Où flamboie le couchant.
Je te les chanterai, je te les danserai;
Sur ta ligne de main, ligne d'éternité,
Je graverai l'espoir
Avec le bleu du ciel.
Sur l'amour, mon amour, je peindrai des soleils,
De ceux qui brillent tant et tant
Au plus fort de l'été,
Qu'on s'y brûle les yeux.
Et nous y mêlerons nos souffles enlacés,
Nos mains liées
Et nos deux corps soudés
Avec le bleu du ciel.
Les amants
Les amants ont la nuit pour eux,
Deux corps brûlant d'un même feu.
Dans leur voluptueux naufrage,
Leur passion est une cage
Dans les chaînes les rend heureux.
Insatiables et fiévreux,
Ils sont des esclaves, des Dieux,
N'ont pas d'identité ni d'âge,
Les amants.
Passe le temps, changent les cieux,
A l'heure où l'on se dit adieu,
Quand s'achève le beau voyage,
Alors, ils vont tourner la page
Sur un souvenir merveilleux
Les amants...
Jusqu'au prochain printemps
Le lac couvert de fumerolles
S'éveille dans l'aube voilée
Par une brume-mousseline
Les arbres
Somptueux
Ont leurs atours
D'automne
Un départ d'hirondelles
Un souffle frais de brise
Et mes mots qui s'envolent
En fumée
Dans le froid du petit matin
Me rappellent l'hiver
Mon amour
Serre-moi
Dans tes bras
Donne-moi
Ta chaleur
Rentrons boire un café
Puis nous nous coucherons
Puis nous nous aimerons
Longtemps
Longtemps
Jusqu'au prochain printemps
Rêve
Banc de pierre sous le soleil
A l'ombre d'un pin parasol.
Quatre murs blancs, un toit de tuiles
Et la garrigue des cigales
Qui chante dans la touffeur bleue.
Le thym, le romarin sauvage
Imprègnent d'un parfum sauvage
Le baiser du mistral sauvage.
Et la mer berce les rochers,
La mer à la sueur salée
Dans la moiteur des midis-feu,
La mer qui danse sur la plage
Un ballet fou de vaguelettes
Aux larmes blanches de soleil.
Et toi l'amour, l'ami, l'amant,
Dans ce décor imaginaire,
Mon homme-phare imaginaire,
Toi, chimère née de mon rêve
Et toi l'amour, l'ami, l'amant
Qui partages tous mes instants
Avec le ciel, le vent, la mer,
Le banc, les murs blancs, la garrigue...
Nuit après jour auprès de moi
Tu vis le soleil et l'azur,
Comme ce grand voilier lointain
Qui va mourir dans l'infini,
L'infini bleu d'un rêve fou,
La folie de mon rêve fou...
Michèle Lavalette
|