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L'amour, l'univers et vous
J'ai toute ma vie eu le sens de l'immatériel. Lorsque je regarde une fleur,
une simple fleur, je ne regarde pas simplement l'aspect de la fleur.
Bien sur, j'apprécie sa beauté et les effluves de son parfum. Mais
je cherche toujours à percevoir plutôt la vie qui l'a créée.
Je l'apprécie en tant que telle pour sa beauté, mais je m'exalte
surtout à la simple idée du mécanisme si compliqué qu'il a fallu
mettre en oeuvre pour offrir un spectacle
si simple, si dénué de d'apparat et de fioritures et si intrinsèquement beau.
C'est cela le miracle de la vie. C'est l'existence de la fleur, tout comme
notre existence et celle des milliards d'êtres humains, d'animaux et de végétaux
qui peuplent cette planète. Par delà notre simple perception de la vie, c'est
l'existence de l'univers tout entier qui vient boucler la quadrature et
constitue le grand cercle de la vie. Et dans cet harmonieux ensemble,
l'amour est la force qui unit, qui exalte les forces de vie. C'est la force qui est
à la base du matériel, du spirituel, de l'univers tout entier. C'est l'amour,
l'amour universel dont nous sommes tous dépositaires, dont nous possédons tous
une étincelle qui s'exprime à travers le matériel et l'immatériel et qui nous
relie à l'univers tout entier. C'est cette force si belle et si violente et qui
trouve mille expressions à travers toutes les formes de vie qui fait que nous
procédons du même miracle de vie, nous appartenons tous au même mouvement céleste,
nous sommes tous partie prenante du grand mouvement céleste et de l'univers qui
lui a donné naissance.
Je sais que vous et moi sommes liés par plus qu'un simple amour terrestre. Le temps
ne me fait pas peur. La vie, matérielle ou immatérielle non plus. Je sais que
cela procède d'un tout. Les repères temporels ne sont que les marques matérielles
dont nous avons besoin pour nous situer dans le cours de notre vie.
L'esprit scientifique procède lui aussi du même raisonnement. C'est exactement
la même démarche. Qui sommes nous? D'où venons nous? Qui nous a créés?
Que faisons-nous là? Comment tout cela fonctionne-t-il? Existe-t-il une force créatrice,
ou une conscience qui se situe à la base de tout, à la base de l'Univers? Dieu,
ou le Big Bang, finalement ce sont que le mots qui changent. Une simple affaire
de terminologie. Les dignitaires religieux interprètent cela de façon dogmatique
ou philosophique, selon qu'ils sont politiciens ou théologiens, et les scientifiques
de façon matérialiste ou philosophique, selon qu'ils sont matérialistes convaincus
ou scientifiques à la vision plus étendue. La vie est le grand miracle de l'univers
et les interrogations des hommes perdureront tant qu'il y aura matière à s'interroger
sur nos origines et tant que le doute et la curiosité seront les moteurs
qui nous poussent à rechercher toujours plus loin les origines de notre univers.
Chacun apporte sa pierre à l'édifice. Chaque être en ce monde est le dépositaire
plus ou moins conscient de l'amour universel. Chaque particule de matière possède
en elle une étincelle divine et la marque profonde de ses origines. Et tout cela
forme un tout cohérent dont nous ignorons les desseins, dont ne connaissons réellement
les tenants et les aboutissants mais que nous cherchons toujours à découvrir, toujours
plus loin, dans toutes les formes et toutes les expressions de la vie. Dans ce grand
tout qui nous relie les uns aux autres, chaque être fait son chemin, chacun s'exprime
à sa manière et tout être mérite a priori respect et amour par le simple fait de son
existence qui le relie au miracle de la vie, en fait de lui un acteur unique et
potentiellement beau.
Dans cet univers nous nous situons vous et moi, à la croisée des chemins.
Dépositaires d'une semblable étincelle d'amour universel, nous cherchons à
nous unir pour ne former plus qu'un.
Marianne©
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Sensation d'irréel
Je suis dans la rue, je suis chez moi, je sors de l'église de Ménilmontant. Au fond
de l'église, devant la chapelle de la vierge et de l'enfant si belle et si solitaire,
sur un banc, est assis un homme. Un mendiant ou homme de la rue de son aspect, jeune
pourtant, avec une longue barbe noire et un air de sage sorti d'une parabole orientale.
Il est assis là, seul. Je chemine, à l'intérieur de l'église et, parvenant à hauteur de
la chapelle, m'assieds à quelque distance de lui, sur le banc. Il respecte ma présence,
comme je respecte la sienne. Habituellement, la moindre âme qui vive me fait fuir et
je reprends ma marche pour me donner l'air de visiter les lieux. Là c'est différent.
Je reste assise un moment, contemplant cette séculaire statue. Puis je me décide à me
lever enfin, vainquant ma timidité et ma peur du ridicule qui n'a pas lieu d'être en
cette occasion. Je m'approche de la statue qui rayonne dans toute sa beauté, les yeux
grands ouverts. Je la regarde fixement sans baisser le regard.
La lumière s'amoncelle bientôt autour de l'image qui se déforme, et je la vois bientôt
s'animer. Bien sûr, je sais pertinemment qu'il s'agit d'une illusion d'optique, mais
je reste là, sans sourciller. Je me laisse aller à une détente et un bien être qui peu
à peu m'envahissent. La lumière perçante qui se concentre autour de l'image pénètre
bientôt en moi. Je baisse les yeux, je regarde mes mains. Tout comme la statue qui me
contemple, elles rayonnent d'une même lumière qui les traverse de part en part et sont
devenues presque translucides. Matière et esprit se confondent et je me sens bientôt
pénétrée d'un flot d'amour pur et immaculé qui exalte mon âme et fait briller la matière
jusqu'aux tréfonds de mon corps.
J'entends des pas. L'homme est parti. Je m'échappe après avoir jeté un dernier regard à
la statue, complice de mon émerveillement. Je suis maintenant dans la rue. Le brouhaha
des voix et le vacarme des moteurs qui vrombissent ne me concernent pas. Je suis dans un
nuage, portée par l'air ambiant et la sensation de votre présence ou plutôt de l'amour
universel qui se réalise à travers vous et vient solliciter en moi cette divine étincelle
qui procède du même éclat d'inspiration éthérée, du même mouvement perpétuel, de la même
brillance céleste. Je me trouve en état de communion intime avec la matière alentour et
le ciel, l'air et les astres forment autour de moi un tout en mouvance qui procède du
même mouvement universel.
Plus tard, dans le silence et la solitude de la nuit; dans l'après-midi lorsque
l'intellect se concentre et que jaillissent un à un en mon esprit les concepts d'une
formalisation mathématique de haut vol, le même phénomène se produit.
Marianne©
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Par delà la symphonie des mondes irréels
Lorsque le quotidien relâche son étreinte, il est de ces instants
magiques où seul l'Amour enfin dégagé des contraintes matérielles du
temps et de l'espace donne aux êtres une resplendiscence toute particulière.
C'est alors que tels des âmes désincarnées, nous nous mêlons dans un monde hors du temps
où la seule conviction de notre foi mutuelle l'un en l'autre nous conduit à partager
une étincelle d'Eternité.
O chère âme, se pourrait-il que vos images transfigurées rejoignent mes rêves éveillés
lorsqu'enfin seule, au beau milieu de la multitude indifférente ou dans la quiétude
profonde de la nuit, votre image soudain s'impose à moi et il me semble entendre votre
voix. Ainsi comme une symphonie que nous jouons d'un seul et même accord je ressens
l'appel de votre Etre dégagé de ses mortels attraits et nous nous élevons ensemble
vers un monde où accordés sur le même diapason nous traversons des cieux enchanteurs,
vibrant à l'unisson pour parvenir enfin dans un univers où nous nous mêlons pour ne
former plus qu'un.
Ainsi ces cieux enchanteurs où nous nous rejoignons, vos visions de cathédrales, c'est
à travers le prisme d'un univers éloigné, dans l'harmonie de la symphonies des mondes
irréels et distants la perception imparable de l'appel de l'âme soeur. Ainsi l'Amour
dégagé de ses charnels attraits est le seul repos que la perception de votre être puisse
apporter à mon âme éveillée. La notion de votre existence suffit à mon bonheur.
Je ne crains plus la vie, je ne crains plus la mort, je n'ai plus peur de rien, car
désormais, je sais que quels que soient les orages et les astreintes matérielles de
notre vie terrestre, il est des mondes où nous pourrons toujours nous retrouver.
Marianne©
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Une prière
Je demande à Dieu que sa volonté soit faite, que la manifestation de l'amour universel
à travers nos êtres si fragiles en ce monde ne soit pas galvaudée par les nécessités
matérielles de ce monde. Je demande à Dieu de demeurer en nous et de ne pas nous
abandonner. Jamais. Je demande à Dieu que la manifestation de son esprit se fasse à
travers nos actes. Je demande à Dieu enfin, que la continuité de cet amour puisse
s'exercer au-delà des repères temporels de notre monde, et tienne compte aussi bien
de la manifestation du passé que de sa projection dans l'avenir temporel et intemporel.
La chapelle de la vierge et de l'enfant isolée au fond de cette église de Ménilmontant
où je puis aller prier, cachée aux yeux de tous, les vitraux de Chartres, portent en eux
le même symbolisme fragile et si profond qui nous rapproche un peu plus de l'Eternité.
Que sommes-nous en ce monde? Des êtres surgis de nulle part? La réalité matérielle
de ce monde est-elle tangible? Je vous aime, Raphaël. Je vous aime en réalité depuis
toujours. Je vous aime pour la réalité insaisissable de notre conscience immatérielle.
Je vous aime pour la chapelle de la vierge et de l'enfant qui a su garder et révéler
le mystère de notre amour. Je vous aime pour les vitraux de Chartres qui ont été
témoins d'une vision dont la puissance restera à jamais gravée en moi. Je vous aime
au-delà de toute logique, au-delà de toute raison et c'est ma vérité.
Marianne©
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