L'univers poétique
de
Lydia Pavot




31ko

"Savez-vous bien ce que c'est qu'aimer?
C'est mourir en soi
Pour revivre en autrui..."

Honoré d'Urfé


    ***


Mon amour me rassure
Essuyant tous mes doutes
balayant mes parjures,
Parfumant notre route
De mille et une fleurs.
Lors je sais que nos âmes
Maîtresses de nos coeurs
Vibrent à l'unisson,
Même élan même flamme
Bien au-delà des sons
(LP)

Croire

Le regard de l'amour se pose sur ton épaule,
Il chante, troubadour au sommet de ton ombre.
Impatiente douceur qui berce en son ardeur
Ta sève, ta saveur, sous le flot des promesses.
Depuis combien de jours, se perdent les caresses
Du temps,
Que la joie veut garder en son sein maternel?
Peut-être que demain nous irons jouer au champ,
Peut-être que l'amour viendra rire sous la pluie?
Sa parole secrète nous sera redonnée
Ainsi pourrons-nous voir le soleil hivernal
Couvrir de ses rayons, l'ébène de la nuit?
Ou encore,
Quelques jeux çà et là, tombant de l'infini
Viendront glisser sur l'onde de ton coeur endormi?
Nous trouverons alors, bien loin de cette absence,
L'enclos où le bonheur cache tous ses secrets ;
Sans se perdre en discours, sans plus de révérences.
De grands lambeaux de peine se perdront à jamais
Sous la lune blafarde.
Un déclin d'amertume signera son trépas,
Navrée de solitude, la haine s'abolira.


Pour des années entières vouées à l'indolence,
Quand l'inertie de fer te dressait sa potence,
Le coeur en dérision, la raison en colère,
L'emprise de la passion te scellant tout entière
A une piètre attente souvent inassouvie,
Aux ambitions latentes qui jamais n'ont pris vie,


Pour tout ce temps déchu, à compter les étoiles,
Mandalas lumineux qui habillaient tes nuits,
Pour ces chemins noueux que tes pas en cavale
Foulaient,
Avec l'envie aux tripes, de changer de décor,
Pour toutes ces idées qui traversaient ta tête,
Ebranlant bien souvent ton bien être intérieur,
Je veux croire que demain sera un jour de fête,
Ecrasant pour toujours ces années de douleurs.


Lydia Pavot

Le Vent

Dans les rondeurs de sa tendresse,
Son souffle caressant nos yeux,
En mal d'aimer, en fleur d'ivresse
Le vent s'installe dans les cieux.
D'une main d'amour maladroite
Il effleure les monts les plus bas
Puis continue en ligne droite,
Sa course, sans en fléchir le pas.


Des arbres que la terre lui offre,
Il en balaie de sa violence
Leur toison verte et le coffre.
Des graines s'ouvrent en abondance
Sous l'été mur de ses passions,
Quant à mille lieues à la ronde
Elles éclatent en dispersion
Pour se poser en d'autres mondes.


Le vent, sans doute, est bien mesquin
De faire souffrir toutes ces branches,
Il se rit d'elles se moquant bien
Que ce soit lundi ou dimanche.


Sans une once de répit
Il fait sentir son appétit
La tête haute, l'âme fière,
Se glissant jusqu'au creux des nids
Des oiseaux encore endormis,
Des océans et des rivières.
C'est à croire qu'il le fait exprès
Quand il susurre en nos oreilles
Des mots que personne ne connaît
Pour ça, il n'a pas son pareil
Le vent
Rude,le turbulent
Qui se déjoue du temps qui passe,
Toujours bon prince cependant,
Il remet des choses à leur place.


Il déracine des souffrances
Les fracassant sur les rochers
pulvérisant par sa puissance
L'orgueil et la fragilité.
On le voit poindre à toute heure,
Sans jamais prévenir personne,
Venant d'ici ou bien d'ailleurs,
Entre nos mains son coeur résonne.


Il a sauvé de la tempête
Quelques richesses échevelées,
Quelques vermines en mal d'aimer
Sous le poids lourd de leurs défaites,
De tels fardeaux à porter seul
Sont plus coutume que raison
Alors étendant son linceul,
Il se fit frère à sa façon
Le vent
Doux, tendre, le violent,
L'amant des dunes et de la course,
Qui rend visite à la grande ours.


Son outre pleine, il va bon train
En ses voyages solitaires,
Dignes toutefois d'un souverain
Qui parcourt ainsi toute la terre ;
Car la mappemonde est un lieu saint
Pour ses pèlerinages divers,
Il chante en flânant en chemin
Parce qu'il est libre comme l'air
Le vent
Briseur, le pénétrant
Cinglant l'abîme aux soirs d'hiver,
L'ami des peines et des tourments,
Qui sèche nos larmes amères.


Lydia Pavot

Je t'aimais bien

Je t'ai aimé
Bien plus que la montagne qui embrasse les cieux
Mais toi tu n'as rien vu.


Je t'ai souhaité
Au-delà de mon âme, à la face des dieux
Or tu n'en as rien su.


Tellement sincère pourtant
Que j'en ai eu le coeur noyé dans le néant,
Les yeux au bord du vide
Et cette peine avide
Qui me voulait pour elle a eu raison de tout.


Mon dédain peu à peu, poursuit sa longue course
Mon chagrin s'évapore, se dilue en sa source.


Les maillons de mes chaînes à présent se dénouent
Le fil des jours estompe l'attrait que j'ai pour nous.


Tu ne risquais rien cependant
Ma raison était noble, ma cause tout autant


Juste l'amour, était fou!


Lydia Pavot



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Dernière modification de ce document: 30 mars 2004