James Joyce

(1882 - 1941)


(Anglais — Français)


66ko

***

Chamber Music

VII


My love is in a light attire
Among the apple-trees,
Where the gay winds do most desire
To run in companies.


There, where the gay winds stay to woo
The young leaves as they pass,
My love goes slowly, bending to
Her shadow on the grass;


And where the sky's a pale blue cup
Over the laughing land,
My love goes lightly, holding up
Her dress with dainty hand.


James Joyce

Chamber Music

VII


Mon Amour est légèrement vêtue
Sous les pommiers,
Où les vents joyeux ont le plus grand désir
De courir en compagnie


Là, où se tiennent les vents joyeux pour faire de l'oeil
Aux jeunes feuilles qui passent.
Mon amour va lentement, penchée sur
Son ombre dans l'herbage;


Et où le ciel est une coupe bleu pale
Sur la lande riante,
Mon amour va légère, relevant
Sa robe de ses mains mignonnes


Version française par Gilles de Seze

***

XIV


My dove, my beautiful one,
Arise, arise!
The night-dew lies
Upon my lips and eyes.


The odorous winds are weaving
A music of sighs:
Arise, arise,
My dove, my beautiful one!


I wait by the cedar tree,
My sister, my love,
White breast of the dove,
My breast shall be your bed.


The pale dew lies
Like a veil on my head.
My fair one, my fair dove,
Arise, arise!


James Joyce

XIV


Ma colombe, ma belle,
Prend ton envol!
La rosée de la nuit repose
Sur mes lèvres et mes yeux.


Brodent les vents parfumés
Une musique de soupirs:
Prend ton envol,
Ma colombe, ma belle!


J’attends auprès du cèdre,
Ma soeur, mon amour.
Coeur blanc de la colombe,
Ma poitrine sera ton lit.


La rosée pale repose
Comme un voile sur ma tête.
Ma belle, ma jolie colombe,
Prend ton envol!


Version française par Gilles de Seze

***

XV


From dewy dreams, my soul, arise,
From love's deep slumber and from death,
For lo! the treees are full of sighs
Whose leaves the morn admonisheth.


Eastward the gradual dawn prevails
Where softly-burning fires appear,
Making to tremble all those veils
Of grey and golden gossamer.


While sweetly, gently, secretly,
The flowery bells of morn are stirred
And the wise choirs of faery
Begin (innumerous!) to be heard.


James Joyce

XV


A partir de rêves emperlés de rosée, mon âme, prend ton envol,
Du profond sommeil de l'amour; comme de la mort,
Vois! les arbres sont remplis de soupirs
Dont le matin réprimande les feuilles.


Vers l'est graduelle gagne l'aurore
Où paraissent des feux se consumant doucement,
Faisant frémir tous ces voiles
De tulle grise et d'or.


Tandis que doucement, gentiment, secrètement,
Sautillent les cloches fleuries de la matinée
Et les choeurs avisés des fées
Commencent (innombrables!) à Se faire entendre.


Version française par Gilles de Seze

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Art work: "Morning after Rain" (1923) par Jack Butler Yeats (1871-1957), peintre irlandais





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