L'univers poétique
d'Isabelle Fiset




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Voici des fruits, des fleurs,
des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur,
qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas
avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux
l'humble présent soit doux.
Verlaine

***


Douce porcelaine

Ma douce poupée de verre, ma soeur à la crinière de feu
Si fragile et si forte, ton absence opprime mon existence.
N'entends-tu pas la complainte langoureuse des violons de l'ennui?
La mélodie est un gouffre. Si tu l'écoutes, elle t'engloutit!


Par delà les blizzards effrénés, j'ai bravé la tempête.
Par delà les mers déchaînées, j'ai bravé la tornade.
Par delà les éminentes montagnes, j'ai bravé la tourmente,
Mais l'Everest de l'ennui demeure insurmontable...


Si triste, je n'ai que ma plume révélatrice et mon encre créatrice
Pour te transmettre, par la querelle de mes mots, les maux qui me hantent.
note 1 Un seul être me manque et tout est dépeuplé!
Un seul être me manque et tout est dénudé!


Les noires avenues de Mexico me paraissent désertes!
Les perpétuelles vaguelettes de l'océan ne me charment plus!
Même les champs de pâquerettes ne dégagent plus leur irrésistible parfum,
Ton absence a dépouillé les délices de ma vie!


Douce porcelaine, l'ombre qui nous sépare est si obscure,
J'entrouvre les yeux, aucune lumière n'y pénètre.
La solitude m'aveugle et le néant m'accapare:
Aurais-je pu savoir que le Paradis sans toi deviendrait l'Enfer?


Pourtant, je te connais, toi, l'ennui! Je t'ai vu attaquer des familles entières.
J'ai vu ton arme meurtrière pénétrer dans la poitrine des hommes.
N'incarnes-tu pas la douce douleur de l'amour?
N'incarnes-tu pas l'amère souffrance de l'absence?


Saurais-je un jour contrôler la symphonie destructrice de la solitude?
Saurais-je détourner le chagrin et la douleur de ton absence?
L'ennui me ronge, mais je détiens une paisible consolation:
Nos coeurs se rencontrent dans mes plus douces prières...


Isabelle Fiset©

***


Vallée anonyme

Demain, dès l'aube, à l'heure où le froid est saisissant,
Je partirai. Ma soeur, sainte pour l'éternité, ouvre-moi tes bras.
Je ne veux pas brusquer l'aurore qui porte ton silence.
Je ne veux qu'effleurer de mes doigts la lumière de ton coeur.


Marcher vers toi n'est pas souffrance, malgré la montagne abrupte.
Marcher est une délicieuse douleur quand mes pas vont vers toi.
Mes larmes sont rafraîchissantes quand je vois à travers elle.
La beauté de tes yeux bleutés , ceux de notre chère mère.


Malgré les mots qui souffrent violemment les jours de tempête,
Je sais que le soleil saura briller sur nous et dissiper la frontière d'ombre.
Poupée de porcelaine à la crinière de feu , tu sembles être faite d'acier,
Moi je sais , je te dirai enfin , je t'aime ma soeur , ma grande soeur, va!


Isabelle Fiset©

***


Nudité

Mon corps est tissé de soie
Épris d'une passion indésirable
Il porte un abat-jour de glace
Une robe de pluie


Fresque humide de larmes
Quand l'amour se heurte
À la lumière jaillissante
De la Sirène Vierge


La poupée de porcelaine
Dans la vitrine
Porte les sanglots dissimulés
De cette première nuit


Où les fragiles pièces de mon casse-tête
Se sont désordonnées
En de frêles fleurs de cristal
Bouquet de Nudité


Le puits semble profond
Quand la noirceur transperce
Le fragile coeur d'un vitrail
Qui ne veut qu'être beau


note 2 L'essentiel est invisible pour les yeux
Il cache la peur de la transparence
D'être regardé sans être vu


Beauté de minuit
Sous une robe de pluie


Isabelle Fiset©

***


Quand les mots n'existent plus...

La beauté est invisible pour les yeux.
Ne cherche pas dans la noirceur les couleurs de la lumière.
Lorsque tu observes les ailes d'un papillon,
N'oublie jamais qu'elles sont nouvelles.


Ne savais-tu pas que dormaient en toi des offrandes de diamant?
Que le cristal de ton coeur jaillirait dans un éclair blanc?
Je sais, tu ne voyais pas la couleur du feu!
Je sais, tu ne sentais pas la chaleur du feu!


Ne te soucie plus des flambeaux de ton corps.
Vierge sirène dans les cieux,
Tu brilles plus que la nuée des astres.
Auprès de Sainte Vénus, rayonne de plus belle!


En poussière de lune tu es devenue,
Belle comme le reflet miroitant des étoiles dans la mer.
Quand les mots n'existent plus,
Ne reste que l'espoir...


Maintenant devenue déesse du ciel,
Tu possèdes la brillance de l'eau que tu convoitais tant.
Ainsi, je suis soulagée de voir ce sourire s'épanouir
Dans cette pénombre qui me semble à présent si claire.


Valse dans les cieux, mon amour.
Tu es si gracieuse et si belle.
Tu es ma force, mon guide.
Tu es le berger qui veille.


Quand les mots n'existent plus
Ne reste que l'espoir...


Isabelle Fiset©



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Art work: Surrendering by Freydoon Rassouli© permission granted


Poèmes : Isabelle Fiset© 18 ans, une poète jeune, douée, dynamique.


(1) Citation: (Alphone de Lamartine) L'isolement, Premières Méditations poétiques
"Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé!"
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(2) Citation: (Saint-Exupéry) Le Petit Prince
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Dernière modification de ce document: 30 mars 2004