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Nuits sans lune
Ces nuits qui s'étirent à perte de sommeil,
Qui font tanguer les barques
A rompre les amarres,
Ces nuits,
Chargées de duels à la pointe des mots
Dont le langage est la poudre
Ou la brise du lilas
Ces nuits,
Noires de combats sans armures
Amassant d'hier les blessures
Jusqu'aux aubes qui se brisent
Contre les volets clos,
Ces nuits,
Où chaque bruit murmure
Un soupir unanime
Une plainte au ras des murs
Ces nuits-là,
On les donnerait pour rien
À ceux qui n'en ont pas,
Juste pour voir
Une nuit qui nous viendra,
Bleue
Avec un matin rose.
François Rivals
Huile
Il aimait ce tableau
Son cadre écaillé
Où brillaient encore
Les lyres de l'âge d'or
Trois arbres rangés
Au bord d'un miroir
Noient leur ombre ternie
Dans une eau dormante.
Le miroir de la terre
Boit ces plumes de neige
Qui se dandinent en rond
Et meurent en l'effleurant.
Qui dira l'absolu du blanc
porté au néant
par la main offerte
à la magie de l'instant ?
Un matelas laineux
Réchauffe l'herbe molle
Un oiseau roux attend
Porté par le silence.
Il aimait ce tableau
Ce ciel laiteux au fond,
Voile immobile
Sur les mamelons blancs.
Un berger semble errer
Vers un feu, une fumée
Un rien de lumière close
Vient lui porter secours.
Il aimait ce tableau
Par où finit la terre
Presque à voix basse
Sous sa pelisse blanche..
François Rivals
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