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Par ton Souffle
Frappe le grésil tambour des tempes. Ta voix éveille
mon songe, puissant Ange du Nord. Profonde gorge d'où
suinte le miel d'une fêlure. De tes ailes acérées, tu
tranches, délicat, mes raisons de vivre, les oiseaux
de champagnes écument mes ivresses d'âme. Ternis ma
trop simple fontaine. Sous ta grâce j'expire en
phrases si fraîches.
Cueillie en somme, je m'étire. Panthère des fleuves
presque inertes. Mes coussinets signent le rugueux de
la terre. Découvrir l'étrange chose, aller caresser
les racines des rocs, aux abîmes des volcans gelés.
Plonger dessous les carcasses de glaciers. Se laisser
mordre l'écru de la peau par des monstres tectoniques.
Des lames avides et froides. Se donner à la portée
parfaite d'une vague d'harmonie. Se laisser engloutir
dans les couvertures venteuses des monts rêvés.
Déglutir la lie du sol, laper la lave des boueuses
merveilles, se couvrir du limon des vins doux et
brûlants. Sans reprendre son souffle, descendre
s'étendre au lit suave du monde.
Des violons rapides aiguisent mes danses animales.
Danser, danser. Ne serions-nous qu'une histoire de
danse ? Un grand rond félin d'antre exhumé nidifie en
moi. Ecarlate, une source jaillit, au confluent de nos
coulées de rages. Une source vivace, légère, une
vapeur d'aimer.
Et les grottes résonnent d'anciens carnages, ondoient
d'images de guerre volées aux aigles pourfendeurs, aux
vrilles exquises des sens, deviennent béances,
clairières apaisantes où viendront demain boire
ensemble la gazelle et la louve.
Florence Noël©
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