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L'inespéré
(Bruxelles, janvier 2000)
I.
Dans mon ventre de sable
tu cajoles le vide tu en fais un miroir
pour assommer le vent.
Sous tes coups de butoir j'étincelle en douleur.
Ta douceur alguée
épouse
ses premiers remuements.
II.
Joue de tes poings sur le violon de mon dos.
Viens en rencontre à mes sèves affamées.
Tangue aux dentelles de mes rives.
Force-le à souffler l'orbe de mes reins.
III.
Les doigts froids
le matin indiscret
fouille le creux de mon sein
le scelle
de baisers clair sonnants.
Pour qu'il naisse
estampillé d'espérances.
IV.
Ca brûle sous tes rondes cuivres.
Je frémis d'ardeurs expirées,
dénoue le frais délire du don.
J'économise une larme
mes cils penchent vers l'été.
V.
Je cueille un regard vert sur mes draps de lin pâle.
Une main se glisse
chaude
au val de mon visage.
J'ai ses songes à muser en écho à ton sang.
Nous l'appellerons l'enfant.
Nous portons seuls encore ce désir
de fruit rouge.
Cette écarlate graine
riant.
Ce croissant de pastèque,
cette création lente de notre renaissance.
Florence Noël©
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