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Aquarelles en acier brut
La grâce a déposé ses pétales
sur le froissé gris d'un tablier d'enfance
contre l'usure d'une poignée
enflée comme par la soif
Tu aurais dit
les portes s'étiolent
grippées de pluies soudain sorties des arbres
las
l'automne s'allonge le sourire aux aguets
Pourtant
l'or fait frétiller les feuillaisons
poisson volé aux ires de papier
petite pèche de sens
Vois la lumière saute par-dessus
tous ces Grands Feux d'atermoiements
ces os rongés par contumace
et le vent bourgeonne du mystère
autre lieu de tes partances.
Bien sûr,
Tu m'entends reclure ces bruits dans un coffret:
rugueuses machineries
d'horloges alitées
exclamations sauvages
que des seuils effarouchés
charrient sous ton poids
foi assourdie de désert
contre ta vie brocardée de chansons
Alors je racle ta mémoire:
Cercles perlant à même ces ventres
de femmes doublées dans le plaisir
sortilège d'une seule couleur
et chant sorcier roulé sous l'ambre
Il y a tout à soulever
dans ton bonsoir lesté d'étoffes
aquarelles en acier brut
Derrière, tu disais,
il y a cette certaine prudence des formes
à s'avouer danseuses sur fil
entre ici et l'aujourd'hui
où l'équilibre te fit défaut
Depuis ces corps émiettés
je cachette la pliure d'un genou
recroquevillé sur une lettre
comme un poings serti de ton nom.
(15 octobre 2001)Florence Noël©
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