Eros en poésie


Michel Giliberti




N'être rien

Je n'étais pas habitué
Au partage des nuits en fond de cour,
Aux confidences des parfums.
J'écoutais ton profil murmurer
Des mots sur tes lèvres
Que le rouge de ta cigarette
Faisait pulser comme une alarme.
Il m'était difficile
Que ce soit facile.
Le vin submergeait mes yeux,
Allumait mon ventre.
Chaque geste était un viol combattu.
Ne pas brusquer ton souffle
Ni même tes élans.
Nous étions à deux doigts de l'étreinte
Quand je t'ai dit "Je dois rentrer."
Dehors un garçon chantait,
Invisible dans les ruelles.
Je pris deux fruits à la branche d'un figuier
Et retrouvai mon lit,
La chaleur de mes draps,
La sueur sur ma peau
Sous mes mains affolées,
La poisse des figues sous le ciel étoilé.
Naître timide
N'être rien.


Michel Giliberti©
12ko

Chef d'oeuvre "Silence d'ami" de Giliberti



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Dernière modification de ce document: 30 mars 2004