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Alléluia
Quand tu venais joyeux dans ta respiration d'étoiles, un pied contre les portes,
l'immisçant entre nous qui nous hissions déjà dans le regard, bleu et rude et soudain,
dépêché dans la tendresse, les mains immenses et le corps fin et fort et chaud d'attente.
À moi...mes justes mains dans l'intime berceau du dos.
Je leur faisais passage - hardiesses ruisselantes - et je te retrouvais campé
comme en mémoire, en délectable halte, l'oubli de mort enfin qui passe.
Alors les bouches se reconnaissaient vaillantes, lourds et légers reptiles. Ah!
les langues valsées et nous respirions l'un par l'autre. Va, roue des lèvres qui
descends tes voyages de faim.
"Le grand viager", le voilà par les sens. Le poids de l'homme comme une seule
gestation soyeuse. Le bonheur de la peau.
Et tu te renversais, ma brusque terre-lune, pour m'abreuver d'eau blanche.
Mais la violente adoration de ta parure, la simple majesté, le don des cuisses
à ma bouche. Oh! la montée et la douleur du sang qui secoue les visages.
Alors ma tête s'emmêlait au ventre
Et je t'aimais par ces secondes où ta paume croisait la mienne.
D'où les forces pour nous arracher de l'amour?
Je me souviens
m'être dressée
odorante
de toi
Francine Caron
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