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«Donc, avant tout fut Chaos, puis Gaia (la Terre) aux larges flancs, assise,
sûre à jamais offerte à tous les vivants et Eros (l'Amour), le plus beau parmi
les dieux immortels, celui qui rompt les membres et qui, dans la poitrine de tout dieu,
comme de tout homme, dompte le coeur et le sage vouloir.»
Ainsi dit Hésiode le grand poète, dans sa Théogonie.
Eros divinité primordiale agit avec la force aveugle du démiurge, sexuant
et incitant à la copulation les créatures de notre planète du minéral
(affirment les alchimistes) à l'homme en passant par le végétal.
Eros est le désir.
Paul Valéry fait inscrire au fronton du Trocadéro: «N'entrez pas ici sans désir».
Eros révèle aux êtres humains leur nature profonde; quelle que soit la révélation,
l'homme devra s'accepter à la fois en faveur de la connaissance de soi et de
l'union avec la Grande nature.
Eros gaillard sans foi ni loi posera à l'humaine nature bien des problèmes,
tout en lui permettant l'accès à la civilisation.
Eros nous est familièrement connu sous la forme d'un amorino, vigoureux,
malicieux, toujours prêt à sortir de son carquois une flèche, qu'il décoche
en aveugle et s'en va par monts et par vaux, en représentant le plus grand
péripatéticien de la planète, parfois comme un splendide dieu ailé volant
avec sa lyre. Tiens le voici musicien maintenant!
Il nous apprend les chants de la séduction et les cris du plaisir,
le brame du cerf en rut, et la musique étonnante des hippopotames qui,
sous l'eau, coquinent à plaisir, l'homme reçoit ainsi un verbe qui chante,
au commencement était le verbe-son ou le son-verbe, ce qui fait gloser
depuis des millénaires... Qu'importe, un beau et grand coït ne se conçoit
sans déploiement du verbe et sans cri!
Ainsi l'homme s'est mis à parler d'Amour, le magnifiant, le maudissant,
l'élevant à la musique des sphères, le murmurant dans les sensibles approches.
Nous vous proposons dans différents moments de l'histoire de l'occident
et de l'orient les perles du langage amoureux. Si la femme en ce domaine
fut longtemps dominée par l'homme, elle s'exprime en notre temps, et avec bonheur.
Lisez-nous pour votre enchantement.
À bientôt, faites-nous part de vos murmures ou de vos cris.
Isabelle Jousseaume
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