L'univers poétique
de
Erika Arpin


34ko

Mon seul refuge

Pourquoi donc cette arrogance,
Ces regards sans transparence,
Ces hasards de fortune,
Qui ne font qu'épaissir la brume?


Pourquoi toujours chercher?
Comme si l'on devait chaque fois combler,
Des espaces réinventés,
Qu'on ne peut pas même identifier.


Et ces appels en résonnance,
Ces accrocs de conscience,
Vont-ils régler le sort,
Des histoires moches de remords?


Pourquoi donc sans cesse fuir,
Devant les tournants de l'amour,
Y a-t-il vraiment autre chose à dire,
Que, je te voudrais bien toujours?


Et qui sont ces consciences,
Qui jouent à celles qui s'en balancent?
Et celles qui, s'en rien savoir,
Se font juges de l'auditoire?


Je me fous bien de ce que l'on en pense,
Car ma vie n'a qu'un seul sens,
Et même la nuit dans sa démence,
C'est vers toi qu'elle s'avance.


Rien au monde ne me fera reculer,

Vers les jours sans nom,
Je veux bien toute ma vie être condamnée
À vivre dans une telle prison.


L'amour est mon seul refuge,
Et si l'envie vous prend d'en être juge,
Condamnez-moi à perpétuité
Que toute ma vie je puisse y habiter.


Erika 1998-99

     Si l'amour

Si tout se meurt au premier soupir,
Si tout s'écroule et se déchire,
Si l'amour ne veut plus rien dire,
Je le laisserai lentement mourir.


Si tout est appelé à se finir
Si tout, comme avant, doit revenir
Je veux bien fermer les yeux sur mon désir
Et à tout jamais l'ensevelir


Si plus rien ne peut ravir,
Si tout doit flancher, faiblir,
Si tout doit s'éteindre,s'évanouir,
Je fermerai le livre avant d'en souffrir.


Mais avant de devoir partir,
Avant que l'amour veuille nous fuir
Avant l'au-revoir qu'il nous faudra peut-être dire
Reste près de moi que je te respire.


Et si tout ça n'existe pas,
Que ce n'est qu'un rêve entre toi et moi,
Si tout cela n'existe pas,
J'enfouirai tout, au fond de moi.


Et si tout cela n'existe pas,
Qu'il n'y a qu'un rêve et des pourquoi,
Si tout cela n'existe pas,
Laisse-moi y croire une dernière fois


Et si tout cela n'existe pas,
Qu'il n'y a ni amour ni rêve en soi,
Si tout cela n'existe pas,
J'oublierai alors l'écho de ta voix.


Mais avant de tout détruire,
Avant de tout briser, de démolir,
Laisse-moi dans mon rêve ou dans l'avenir,
M'approcher de toi, de tes soupirs


Erika 1998-99©

     Mon rêve

Est-ce un soleil qui se lève,
Pour ensuite se voiler?
Est-ce l'amour qui s'achève,
Avant même d'avoir commencé?


Tout cela me semble maintenant si irréel.
Si insensé, insondable, intouchable.
L'amour peut-il être si cruel?
Si dur, si froid, implacable?


Et si tout cela n'était qu'une trève?
Un faux printemps, une fausse sève?
Et si tout cela n'était qu'illusion,
À qui mille fois j'ai donné ton nom?


Comme un rêve voulant s'évader,
Dès les premiers rayons du jour.
Un rêve qu'on voudrait caresser,
Comme s'il sagissait de notre amour.


Aurais-je imaginé tous ses murmures?
Confondu ses couleurs à celles de l'azur?
Aurais-je cru à l'amour,
Sans que jamais il ne voie le jour?


Les murs de ma vie tombent un à un.
Je ne sais plus qui je suis sans son parfum.
Tout est à découvert,
Mon ciel n'a plus aucun repère.


Je ne veux pas mourir,
Et je ne veux pas vivre.
Laissez-moi seulement son souvenir,
Avant qu'il ne dérive.


Et si tout cela n'était vraiment qu'un rêve,
Dans lequel je me suis noyée,
Je ne veux pas qu'on me relève,
Je rejoindrai le large, la mer qui m'a bercée.


Je partirai avec mon rêve,
Dans les creux de la mer effacés.
Là où j'abandonnerai toutes mes fièvres,
Avant de m'en éloigner.


Erika 1999-00©


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Dernière modification de ce document: 30 mars 2004