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Toi aussi tu viendras où je suis
Etat de veille. Mines de rien 1938
Aujourd'hui je me suis promené avec mon camarade.
Même s'il est mort,
Je me suis promené avec mon camarade.
Qu'ils étaient beaux les arbres en fleurs,
Les marronniers qui neigeaient le jour de sa mort.
Avec mon camarade je me suis promené.
Jadis mes parents
Allaient seuls aux enterrements
Et je me sentais petit enfant.
Maintenant je connais pas mal de morts,
J'ai vu beaucoup de croque-morts
Mais je n'approche pas de leur bord.
C'est pourquoi tout aujourd'hui
Je me suis promené avec mon ami.
Il m'a trouvé un peu vieilli,
Un peu vieilli mais il m'a dit:
Toi aussi tu viendras où je suis,
Un dimanche ou un samedi,
Moi, je regardais les arbres en fleurs,
La rivière passer sous le pont
Et soudain j'ai vu que j'étais seul.
Alors je suis rentré parmi les hommes.
Robert Desnos, "Etat de veille. Mines de rien 1938"
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You will also come where I am
Etat de veille. Mines de rien 1938
To day, I had a walk with my mate.
Even if he is dead,
I had a walk with my mate.
How beautiful blooming trees were,
The horse chestnut trees that snowed on the day he died.
With my mate, I had a walk.
Formely, only my parents went to burials
I felt myself like a little child.
Now I know a lot of dead people,
I have seen many morticians'
but, I don't have any relations with them.
It is why all the daylong
I had a walk with my friend.
He found me slightly older,
slightly older but he told me:
You will also come where I am,
On Sunday or on Saturday.
Then, I watched the blooming trees,
the river passing beneath the bridge
Suddenly, I realized that I was alone,
so, I came back among humankind.
English translation by: Gilles de Seze
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