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Trouble d'écume
dans le vent l'immensité solitaire
dans les voiles claquantes le tanguage du bateau
entre les vagues-falaises et le sourire de lune,
j'imagine une perle.
j'imagine une ombre, un songe,
j'imagine une chevelure longue, un rire clair
j'imagine un trouble, un battement
alors que glisse lentement ton regard, ta peine
alors que glisse ton corps dans l'écume glacée
dans le bateau qui file
sous les nuages sur le possible
entre les piliers de néant les colosses de nuit
dans la chambre de création le palais des dieux
en équilibre entre les profondeurs
les non-dits les peut-être
je t'imagine, petite sirène fée oubliée
perle lumineuse infante d'océan
ni enfant ni encore femme
pureté fragile, éphémère alors que déjà reprend le Temps
gémissement étouffé, caresse du large
ô toi mon passage ma fêlure
dans le bateau qui file, droit au centre au coeur
dans le réel sans retour la douleur de naissance
je t'imagine riant au vent,
yeux rougis écarquillés sur l'horizon
sel sur tes joues, goût amer de tes larmes...
David T.
PERDU
un rêve de fée... désespoir violent
ô toi mon amour ma princesse que j'ai frôlé en songe
tu m'as abandonné sur rives du sommeil
je suis de nouveau seul alors que renait le jour
ô mon amour reviens, reviens!
pour toi je quitterai ce jour avec joie me bannirai de lumière
reviens-moi ma princesse mon aimée
combattons ensembles saignons mourons
mais ensembles
fondus l'un en l'autre, nous saisissant parfaitement
ô mon amour en ce songe nous avons combattu, fui
nous sommes morts aussi, morts en le combat et cette mort m'a éveillé
m'a fait de nouveau traverser le reflet m'a rendu au réel
mais je ne veux pas de ce réel
non je ne veux pas
je ne veux pas sans toi!
dois-je quitter de moi-meme ce monde qui ne m'est rien?
voguer vers la mort pour te retrouver enfin
ô ma princesse je me souviens
je tente de me souvenir de ton visage alors que vient l'éveil glacé
je ne veux pas m'éveiller
rester avec toi
ton visage ta douceur je me souviens maintenant
ô douleur
tu m'avais vu, consolé gentiment caressé le visage en plaisantant à mi-voix
et puis nous avons fui, combattu
fui les marcheurs d'ombre fui vers la bordure
mais les errants de jour nous ont rattrapés séparés
je me souviens maintenant
les reflets s'entremèlant comme en tout rêve
et moi courant à travers eux les traversant sautant de l'un à l'autre
et moi cherchant désespérement
cherchant à te rejoindre, tuer pour te délivrer être avec toi de nouveau
oui je me souviens ta douceur ton doigt sur ma chair
il me semble presque t'entendre, te sentir à nouveau
presque petite voix chuchotée
pression légère sur mon cou
ton doigt, de nouveau?
l'ombre de ton doigt, souvenir de ta présence?
ô ma princesse je frémis
est-ce toi qui m'appelle ainsi par-delà les brumes du réveil
alors que s'effacent peu à peu les voiles du songe
t'ai-je entendue t'ai-je imaginée
déjà le réel revient m'écrase de sa pesanteur
rêve ou réel, même souvenir même douleur
mon amour mon aimée
laisse-moi te rejoindre montre-moi la porte
les larmes me viennent veulent couler
tant de douleur tant de néant
un rêve
un simple rêve plus véritable que cette apparence
montre-moi le passage
ne me fais pas oublier ce chuchottement
était-ce toi ou bien simplement brume de reflet
ivresse de sens
te rejoindre
de nouveau la peur les errants
mais avec toi mon aimée
avec toi...
oh mon amour mon AMOUR je t'en prie
laisse-moi mourir avec toi
si le passage est oubli alors je suis prêt
oh oui lame de couteau reflet glacé
prêt à passer sans regret pour te retrouver
marcher dans la nuit sans regard en arrière
souriant, chantant même
tandis que dans le froid l'image sans ombre
je marche vers toi
mon amour ma princesse
ne me laisse pas seul
notre mort, ensemble
tout le réel dont j'ai besoin
cette contrée brutale
égoisme violence regards indifférents noyés de gris
non ne me laisse pas seul,
agonie en ce monde perdu de rêves...
David T.
haleine de mer
l'haleine de la mer...
et ce vent doux, léger, venant de la côte...
dans la nuit, écoute de grande voile à la main...
sentir, deviner...
la nuit qui respire, la houle légère...
écume scintillante...
attente...
attente, espérance...
souffles retenus...
et ce vent,
bouffée soudaine de vent chaud,
qui tangue le bateau et te prend à la gueule...
David T.
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