L'univers poétique
de
David T.




22ko

Chef d'oeuvre photo: Yoshida

***


Illusions



"écrit pour cette muse inconnue qui hante mon imaginaire"
(David T.)


Je me demande parfois ce qui se cache
Derrière ce fragile voile
Que nous osons nommer Réalité...


J’aimerais savoir ce que recouvre ce drap
Agité de frissons jeté devant nos sens,
J’aimerais passer à travers ses déchirures sanglantes
Pour agacer les étranges êtres qui parcourent librement son tissu élimé,
J’aimerais enlever ce bandeau qui recouvre mes yeux
Et m’empêche de voir enfin la brûlure du Soleil!


Mais mes yeux restent aveugles à son Illumination,
Moi qui ai l’orgueil de me croire vivant...


J’étends la main vers toi,
Et mes atomes remplis de vide tourbillonnent dans l’espace.
Je touche ta joue,
Et le Néant prend forme autour de toi...


Car la matière sur laquelle nous reposons si fortement
N’est rien d’autre qu’un peu de Néant enchaîné,
Et c’est elle qui nous façonne de ses poing de fer
Alors que nous croyons la dominer de nos appétits voraces!


Hélas, nos illusions sont dures à mourir,
Et nous continuons nos absurdes enfantillages,
Nous continuons à nous brûler avec nos machines puant la poudre,
Nous continuons à penser qu’une opinion vaut la peine de tuer,
Nous continuons à être tellement imbus de nous mêmes,
Tellement inconscients de notre taille microbienne
Dans un Univers qui nous ignore!


Nous qui vivons dans un flocon de neige
Que nous croyons créé pour nous,
Nous qui sommes intimement persuadés
Que jamais la neige ne fondra...


Oui, comme j’aimerais pouvoir briser les chaînes
De mes Amours et de mes Haines,
Comme j’aimerais pouvoir décrisper mes poings serrés,
Comme j’aimerais pouvoir m’envoler loin,
Libéré de la prison de mon esprit,
Porté par un souffle de vent rieur, sans pensées pour m’alourdir...


Mais il est des illusions trop douces pour ne pas être aimées,
Et j’aime trop ton doux regard pour pouvoir me passer
Du mirage de ta présence...


Alors viens,
Laisse moi poser mes lèvres sur ta bouche entrouverte,
Laisse moi caresser les courbes de ton corps frémissant,
Viens mêler tes Illusions aux miennes,
Viens ajouter une nouvelle épaisseur à cette toile ballottée par la tempête!


Et, qui sait, peut-être de nos Illusions réunies parviendrons-nous
A créer une nouvelle réalité,
A créer un nouveau monde...


David T.© (août 2000)



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Dernière modification de ce document: 30 mars 2004