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Plainte
À la France
France, mere des arts, des armes et des loix,
Tu m'as nourry, longtemps du laict de ta mamelle :
Ores, comme un agneau qui sa nourrisse appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.
Si tu mas pour enfant advoüé quelquefois,
Que ne me respons tu maintenant, ô cruelle ?
France, France, respons à ma triste nouvelle :
Mais nul, sinon Echo, ne respond a ma voix.
Entre les loups cruels j'erre parmy la laine,
Je sens venir l'hyver, de qui la froide haleine
D'une tremblante horreur fait herisser ma peau.
Las! tes autres aigneaux n'ont faut de pasture ;
Ils ne craignent le lou, le vent ny la froidure ;
Si ne suis-je pourtant le pire du troppeau.
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Plainte
(version: français moderne)
À la France
France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle.
Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.
Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois,
Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
France, France, réponds à ma triste querelle!
Mais nul, sinon Echo, ne répond à ma voix.
Entre les loups cruels, j'erre parmi la plaine,
Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine
D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau.
Las! tes autres agneaux n'ont faute de pâture.
Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure,
Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.
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